Départ place Saint-Michel, où Hemingway aimait écrire en hiver, mais nous ne savons pas de quelle brasserie il dit : « C'était un café plaisant, propre et chaud et hospitalier, et je pendis mon vieil imperméable au portemanteau pour le faire sécher, j'accrochai mon feutre usé et délavé au-dessus de la banquette, et commandai un café au lait. »
Par la rue de la Huchette, nous débouchons sur la petite place, face au chevet de Notre-Dame, où les étudiants américains viennent en pèlerinage à la Shakespeare and Company. Si la librairie que connut Hemingway se trouvait alors 12 rue de l’Odéon, l’ambiance n’a absolument pas changé. On longe ensuite le square Viviani pour prendre les rues de la Bûcherie, puis Frédéric Sauton (à droite) jusqu’à la place Maubert où, en traversant le boulevard Saint-Germain, on attaque la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Quand elle serpente et laisse apercevoir les élancements gothico-renaissance de Saint-Étienne-du-Mont, le Panthéon est tout proche. C’est ici que Woody Allen a tourné le superbe Minuit à Paris.
Ernest Hemingway : une vie d'artiste en famille
Par la rue Clovis, le long du lycée Henri-IV, on atteint la rue Descartes. Sur la droite, le restaurant du n° 39 affiche la Maison de Verlaine. C’est ici que le poète mourut d’alcoolisme et de misère : pour cette raison si on l’en croit, Hemingway loua un galetas pour écrire. À la même époque, il habitait avec sa femme et son premier enfant au n° 74, de la rue Cardinal-Lemoine.
La rue Descartes y débouche, près de la place de la Contrescarpe qu’entourent les terrasses de café. Traversons-la pour descendre la rue Mouffetard, très courue des touristes « routards ».
Au croisement avec la rue du Pot-de-Fer (à droite), s’engager entre les tables. Continuer par la rue Rataud, puis prendre à droite les rues Érasme, Louis Thuillier et des Ursulines. On atteint ainsi la rue Saint-Jacques. Tourner à gauche jusqu’au majestueux Val-de-Grâce : en face de son dôme, la rue du Val-de-Grâce nous mène au boulevard Saint-Michel. Nous le traversons pour longer, sur la gauche, le bouquet de verdure de la Closerie des Lilas. Imagine-t-on, dans ce qui est aujourd’hui un rendez-vous très chic, un écrivain débutant passer un après-midi à gribouiller ses cahiers, tout en encombrant le passage avec la poussette de son gamin ?
Plus loin sur le boulevard du Montparnasse se trouvent le Dôme, le Select, la Rotonde et la Coupole, les grands bars américains qu’Hemingway, une fois mieux argenté, fréquenta. Mais nous suivons un autre itinéraire du romancier : celui qu’il prenait pour se rendre rue de Fleurus, chez Gertrude Stein, qui critiquait ses premiers textes. Pour cela, nous nous dirigeons vers le jardin du Luxembourg en traversant les squares Marco-Polo et Cavelier-de-la-Salle (le jardin des Grands-Explorateurs). Au niveau du grand bassin où voguent les voiliers modèles, nous cherchons sur la gauche l’allée qui donne sur la sortie rue de Fleurus. Au n° 27, une plaque évoque Gertrude Stein, romancière et amatrice d’art qui compta parmi ses autres amis Picasso, Matisse et Braque. Prenons la première rue à droite pour atteindre la rue de Vaugirard : la suivre à droite, vers le Sénat, jusqu’à l’étroite rue Férou. Hemingway vécut au deuxième étage de l’hôtel particulier sis au n° 6. À cette époque, il était un grand reporter qui couvrait la guerre d’Espagne pour les meilleurs quotidiens américains.
Une publication à fêter
Traversons ensuite la place Saint-Sulpice, l’ancien quartier des éditeurs, où la rue du Vieux-Colombier nous conduit rue de Rennes. Nous y tournons à droite jusqu’à Saint-Germain-des-Prés aux terrasses bien connues des intellectuels. Pour en rester à Hemingway, la vraie adresse est la brasserie Lipp (à gauche sur le boulevard), où le jeune romancier s’offrit une salade de pommes de terre arrosée d’une bière, pour fêter le paiement de sa première nouvelle rédigée à Paris.