Charbon jailli de la terre
Les terrils sont apparus avec le début de l’extraction de minerai. Au départ, il s’agit d’un tas de gravats, composé de déchets stériles (d’où le nom) générés par l’exploitation de la mine. À la sortie des puits, le charbon était trié et les résidus mis à part, entassés en bordure des fosses. Ces « tas de cailloux » peuvent atteindre et dépasser une centaine de mètres de hauteur. Ils sont de forme conique, pour les plus visibles, ou plats, étalés en longueur. Le terril le plus haut d’Europe est celui du 11/19 à Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais). Il mesure 188 mètres et est plus haut que les monts de Flandre, ce qui en fait le point culminant du Nord-Pas-de-Calais. Ces collines artificielles sont composées essentiellement de schistes. Une de leurs particularités est leur température interne, plus élevée que la moyenne de la région. Un tiers d’entre eux seraient toujours en combustion lente, car le charbon qu’ils contiennent se consume et génère de la chaleur. Le sol sec et chaud des terrils est un terreau propice au développement d’une flore et d’une faune spécifiques avec des espèces qu’on recense habituellement sous les tropiques.
"Les montagnes noires" : témoins du passé
C’est ainsi qu’un grand nombre d’insectes (papillons, criquets, sauterelles) y trouve refuge. La plupart des terrils du Nord sont aujourd’hui recouverts de végétation. Les plus anciens sont boisés. Le bouleau est l’arbre le plus répandu. En 2012, 51 des 339 terrils de la région ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco en tant que témoins d’un paysage industriel spécifique. Ce classement concerne 353 éléments de patrimoine (cités, chevalements, puits, terrils, bâtiments industriels) répartis sur 109 sites, de la frontière belge, à l’est, jusqu’à Béthune-Bruay, à l’ouest. Ceux qu’on voulait cacher ou faire disparaître sont devenus une fierté.