Massif des Écrins : 3 randonnées au départ de La Grave

Publié par Philippe Bourget  |  Mis à jour le

En hiver, ce territoire haut-alpin est un spot mondial d'alpinisme et de glisse. À l'automne, les nombreux hameaux de La Grave, les lacs d'altitude, les refuges et quelques sommets isolés constituent autant d'appels d'air pour profiter, en marchant, du panorama grandiose sur la montagne reine des Écrins, la Meije, 3 983 m d'altitude.

Aux confins de l'Oisans et du Briançonnais, La Grave, en lice pour devenir "le village préféré des Français" en 2022, a traversé des siècles d'infortune avant de faire du tourisme le porte-étendard de son économie. Une bonne raison à cela : le paysage exceptionnel du massif de la Meije, dressant ses versants raides et arêtes sombres au-dessus du monde. C'est à pied que le territoire se révèle.

Vers le refuge du Goléon

L'une des randonnées les plus courues emmène au refuge du Goléon. Depuis le hameau des Hières, environ 2 h 30 de marche propulsent du monde des humains à celui de la haute nature. À 2 000 m, on croise encore des agriculteurs, visages tannés par le soleil, en train de faucher le regain. La Grave, 480 habitants, abrite une quinzaine de fermes. Une célèbre foire aux bestiaux, fin août au Chazelet, draine la fine fleur des éleveurs alpins. Passé 2 000 m, le sentier se raidit le long du torrent du Maurian. Il débouche sur un plateau où se niche le lac du Goléon, à 2 470 m (qui aurait pu faire partie de notre top des plus beaux lacs de montagne !).

Classé zone Natura 2000, le site affiche son éclat minéral, enchâssé entre des pentes verdâtres, d'où l'on voit jaillir, par beau temps, les sommets de la Meije (au sud) et une des aiguilles d'Arves (au nord). Marmottes et chamois sont ici en terrain conquis tandis que les prairies d'alpage sont occupées l'été par des moutons de Provence. La nuit, le silence règne au refuge du Goléon où l'on a abandonné, fatigue aidant, toute velléité de réflexion.

Vers le pic du Mas de La Grave

Autre itinéraire remarquable, plus difficile : l'ascension du pic du Mas de La Grave (3 020 m). Il convient de partir tôt pour éviter les orages qui éclatent parfois dès la mi-journée en arrière-saison. Véhicule laissé au hameau du Chazelet, l'un des plus remarquables avec ses cabanons en bois, ses maisons à balcons rustiques et ses trabucs, d'étroits passages conçus pour protéger du vent et des congères, cap sur le haut vallon du Gâ.

Parvenu après 6 km à l'ultime habitation, La Buffe, défi à la vie quotidienne, le sentier s'élève en virages au-dessus du thalweg, visant la longue arête conduisant au sommet. Dans un paysage minéral et aride, on gagne celui-ci en marchant entre des plaques de schistes. Orné d'une croix, isolé, il est situé grosso modo à cheval entre les Hautes-Alpes, l'Isère et la Savoie. Autant dire que le paysage est complet, s'ouvrant à 360° sur le massif des Écrins, les aiguilles d'Arves, l'Oisans et le mont Blanc. Le prix à payer ? Huit heures de marche, voire neuf.

À la conquête du versant nord de la Romanche

Pour la dernière journée, on vous propose une faveur : un retour en téléphérique (découvrez en passant notre top des plus beaux téléphériques de France). À force de voir la Meije de face, il est temps de l'approcher. Depuis le bas de La Grave, au hameau Les Fréaux, un sentier forestier peu fréquenté s'élève sèchement en lacets à la conquête du versant nord de la Romanche. Muscles rodés par les deux jours précédents, on parvient plus rapidement que prévu au lieu-dit la Pierre Farabo, d'où l'itinéraire de « La Brèche de Pacave », à droite, rejoint le refuge Chancel. Après une belle flânerie autour du lac du Puy Vachier, entre nuages et sommets de la Meije et du Râteau (3 809 m), on parvient au refuge. Le temps d'apprécier l'extraordinaire cirque alpin, pieds étendus sous une table en buvant une bière artisanale, et la gare de téléphérique du Peyrou d'Amont vous appelle pour un retour tout schuss à La Grave.

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