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Sancerre, « village préféré des Français » 2021

Par Sophie Denis
source : Détours en France HS 13 - Les villages préférés des Français 2021

Entre vallée de la Loire et campagne berrichonne, la cité médiévale des comtes de Sancerre est juchée sur une opulente colline au-dessus d’un méandre du fleuve. Plus connue pour ses vins que pour son patrimoine, elle offre pourtant de jolies découvertes au visiteur curieux, qui racontent un passé mouvementé. Son charme et son histoire ont fait d'elle le « village préféré des Français » 2021 ! Un titre qu'elle doit aux téléspectateurs de l'émission éponyme présentée par Stéphane Bern, dont la 10e édition était diffusée le 30 juin dernier sur France 3.

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Sancerre et son vignoble, dans le Berry (Cher)

Vu en contrebas depuis la D920 ou le canal latéral à la Loire, Sancerre, juché sur son piton, a cet air de défi des sites qui ont su tenir tête à l‘Histoire et ses vicissitudes. La route en lacet, qui grimpe hardiment jusqu’à l’esplanade centrale, confirme ce sentiment d’impertinence ; plus on se rapproche, plus Sancerre fait le fier.

Un site antérieur à la guerre des Gaules

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Sancerre et son vignoble en automne, vue sur les toits des maisons, Berry (Cher)
Situé à 300 mètres d’altitude, Sancerre domine la vallée de la Loire et 3 000 hectares de vignes installées sur des collines et coteaux.

Depuis l’esplanade ombragée de tilleuls, le panorama à 360° qui se livre sans aucune retenue sur les méandres de la Loire, le port fluvial de Saint-Satur et le moutonnement des collines viticoles du Sancerrois fait soupirer d’aise le visiteur : quelle force tranquille se dégage de ces paysages ! L’esplanade s’appelle Porte César, une allusion à l’étymologie, longtemps mise en avant, de Sancerre avec le primat des Gaules : « Sacrum Caesaris », soit « César le sacré », puis « Saint César », devenu « Sancerre ». Un peu tiré par les cheveux, puisque le site est antérieur à la guerre des Gaules : un oppidum était déjà là entre 1200 et 500 av. J.-C. Quelques siècles plus tard, le lieu reçut les reliques de saint Satyrus, un martyr africain, et prit le nom de San Sayre, équivalent en ancien français du Satyrus en latin médiéval. Le cœur de ville est petit et bat entre la Nouvelle Place, autrefois place du Souvenir, métamorphosée en 1980 pour mieux accueillir boutiques d’artisans et terrasses, et la place de la Panneterie. Entre les deux, un entrelacs de ruelles tortueuses invite à la flânerie entre placettes où la vie s’écoule, épicurienne et douce, et maisons anciennes, chargées de souvenirs.

La maison de Jacques Cœur

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Rue Saint-Jean, village de Sancerre, Berry (Cher)
Incontournables, la rue Saint-Jean et ses vitrines, dont certaines dates du XIXe siècle.

L’office de tourisme a déroulé un fil d’ariane tracé au sol en 28 points, dont les plus importants racontent Sancerre à livre ouvert. Pas de monuments remarquables, mais un patrimoine harmonieux et authentique, qui confère au village un charme bien à lui. La rue Saint-Jean conduit le promeneur jusqu’à l’église Notre-Dame, édifiée en deux temps : entre 1658 et 1660 où les travaux sont suspendus, puis après la destruction de la chapelle Saint-Jean par la chute de l’aiguille du beffroi voisin en 1725. Celui-ci, bâti un siècle plus tôt, comprenait une chapelle, une salle des échevins (les magistrats de la ville) et une salle des cloches. Depuis la construction de l’église auquel il est adossé, le beffroi est devenu son clocher. Le laïc et le religieux font ici bon ménage !

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Maison de Jacques Coeur dans le village de Sancerre, Berry (Cher)
Détail de la façade de la plus ancienne demeure du village, la maison de Jacques Cœur.

À l’angle de la place, la maison Jacques Cœur est la plus ancienne du village (XVe siècle) : confisquée au grand argentier de Charles VII, elle fut récupérée par son fils, maître d’hôtel de Louis XI en 1463 avant de passer à son petit-fils, négociant en étoffes. Une belle tourelle, des fenêtres à meneaux et sous l’une d’elles, le blason familial, trois cœurs rouges et trois coquilles, qui atteste de l’identité des propriétaires. En revanche, l’existence d’un souterrain sous la maison qui conduirait jusqu’au palais de Bourges est une légende ! La rue du Carroir-de-Velours (« carrefour » où on vendait des tissus) débouche sur la place du Connétable et la tour des Fiefs. Cette tour, remarquable pour son histoire, est le seul vestige des six tours et du château du XIVe siècle édifié par les comtes de Sancerre. Il est possible de grimper à son faîte pour jouir de la vue sur l’enchevêtrement des toits et évoquer l’épisode terrible qui marqua l’histoire du village: le siège de 1573 par les troupes catholiques du gouverneur du Berry, le maréchal de La Châtre.

Un cochon sur les remparts 

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Panorama depuis le sommet de la tour des Fiefs, vue sur le château de Sancerre, Saint-Satur et la Loire (Cher)
Du haut de la tour des Fiefs, dernier vestige du château féodal (XIVe siècle), vue sur l’hôtel particulier qui fut bâti au XIXe siècle sur ses ruines.

Après les massacres de la Saint-Barthélémy en août 1572, les huguenots du Berry sont venus se réfugier dans la citadelle de Sancerre, vite encerclée par les catholiques. 7 000 hommes contre 2 500 assiégés, auxquels se sont joints les catholiques de la ville, visiblement plus attachés à leur cité qu’à leur religion. L’avantage est dans un premier temps aux protestants mais rapidement, le gouverneur décide d’affamer les Sancerrois. Il faudra quand même 5000 boulets de canon et neuf mois de siège pour venir à bout des assiégés, qui meurent littéralement de faim, au point de manger des rats, de l’herbe, des pains de paille et d’ardoise pilée... Une famille tenta même de manger les restes de son enfant mort. Pourtant, les fiers Sancerrois n’ont pas hésité à se balader des jours durant sur les remparts avec un cochon en laisse pour narguer les catholiques ! Tant de courage et de morgue se paieront très cher, les murailles furent rasées, les échevins passés au fil de l’épée. Le siège fut si épouvantable qu’il fut comparé à celui de La Rochelle.

Du commerce et des vignes 

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Vendange, vignoble de Sancerre, Berry (Cher)
Le sancerre est reconnu dès 1936 en AOC pour les blancs, puis en 1959 pour les vins rouges et rosés.

Difficile d’imaginer des moments si sanglants en flânant dans le vieux Sancerre d’aujourd’hui. Ornées de tours à escalier, de fenêtres à meneaux, les demeures de pierre qui bordent la place de la Panneterie, comme le Logis Clément ou l’hôtel de la Thaumassière (XVIe siècle), nous parlent plutôt de douce vie provinciale, de marchés prospères et bavards, de réunions familiales autour de l’âtre. La pierre d’ici sent plus le commerce que la guerre, comme dans les ruelles pentues du quartier vigneron, autour de la rue Basse-des-Remparts, où les boutiques vendent le meilleur du vignoble. À l’angle de la place du Beffroi, le logis du seigneur d’Herry (fin XVe siècle) abrite les vins de Sancerre qui ont fait la prospérité du Sancerrois. Ici, la vigne est une religion déjà mentionnée dans les écrits de Grégoire de Tours au VIe siècle. Connu autrefois par les vacanciers de la Nationale 7 et les habitués des cafés parisiens, le sancerre compte désormais 330 vignerons répartis sur 14 communes de la rive gauche de la Loire, et deux cépages, le sauvignon pour le blanc, le pinot noir pour le rouge et le rosé. La Maison des Sancerre propose un parcours interactif, des vidéos, une découverte des terroirs et du travail des hommes, un espace sensoriel. En sortant, vous ne devriez plus rien ignorer des vins dont Henri IV disait, après les avoir découverts : « Ce vin est le meilleur que j’ai bu! Si les gens du royaume le goûtent, il n'y aura plus de guerres de Religion. »