Voici pourquoi les rives de la Seine sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco

Sur l’île de la Cité, la cathédrale Notre-Dame de Paris, dont la construction à partir de 1163 s’est étendue sur environ deux siècles, a été profondément restaurée par l’architecte Viollet-Leduc au XIXe siècle. - © Bertrand Gardel Hemis.fr

Publié le par Dominique Le Brun

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • Le cœur historique de Paris, entre l’île de la Cité et l’île Saint-Louis, incarne un modèle unique d’urbanisme en bord de fleuve, où se superposent harmonieusement les grandes époques de l’histoire de la ville.
  • Les berges de la Seine offrent un panorama architectural exceptionnel : du Moyen Âge avec Notre-Dame, à la Renaissance avec le Pont-Neuf, jusqu’au classicisme du Louvre ou aux innovations métalliques de la tour Eiffel.
  • Redevenues piétonnes, les rives de la Seine sont aujourd’hui un espace de promenade et de respiration au cœur de Paris, symboles d’un nouvel usage de la ville tourné vers l’écologie et les mobilités douces.

Ainsi que l’indique le dossier : « La maîtrise architecturale et urbaine du fleuve peut se lire dans l’articulation de l’île de la Cité et de l’île Saint-Louis avec le rivage, l’adaptation du passage nord-sud, les cheminements riverains à l’intérieur du méandre, la construction des quais et la canalisation du fleuve. L’ensemble, appréhendé comme une entité géographique et historique, forme un exemple exceptionnel et unique d’architecture urbaine en bordure d’un fleuve, où les strates successives de l’histoire de Paris, ville capitale de l’un des premiers grands États-nations d’Europe, se sont harmonieusement super posées. » Autant donc que les lieux en eux-mêmes, c’est leur signification urbanistique et historique que l’Unesco défend.

Paris vue d'en haut

Pour comprendre cet aspect de l’histoire de Paris, il faut observer la ville de haut. Vue du ciel, la capitale apparaît comme un point du grand fleuve entre deux affluents importants. Et sur ce lieu vers lequel jadis elles convergèrent tout naturellement, des peuplades nomades découvrirent un site facile à défendre sous la forme d’une île. Ainsi, c’est entre la Marne qui rejoint la Seine à Charenton-le-Pont, et l’Oise à Conflans-Sainte-Honorine, que l’île de la Cité a donné naissance à Paris. Et son cœur historique, tel qu’il est classé par l’Unesco, se situe entre le pont de Sully sur la pointe en amont de l’île Saint-Louis, et le pont d’Iéna qui relie la tour Eiffel au Trocadéro.

Époques et styles le long des berges 

Sur l’île de la Cité, la majestueuse Conciergerie, ancien palais de la Cité et ancien palais royal des Capétiens, a été transformée en prison d’État en 1370, jusqu’en 1914 où elle est devenue un monument national ouvert au public.
Sur l’île de la Cité, la majestueuse Conciergerie, ancien palais de la Cité et ancien palais royal des Capétiens, a été transformée en prison d’État en 1370, jusqu’en 1914 où elle est devenue un monument national ouvert au public. © Bertrand Gardel / Hemis.fr

Comme on le constate en suivant les berges de la Seine, l’île Saint-Louis et, sur la rive droite, le quartier du Marais, restent des exemples caractéristiques de de la construction et de l’urbanisme parisiens aux XVIIe et XVIIIe siècles. Sur l’île de la Cité, la cathédrale Notre-Dame et la Sainte-Chapelle ainsi que la Conciergerie apparaissent comme des chefs-d’œuvre de l’architecture du Moyen Âge. Le Pont-Neuf, édifié entre 1578 et 1604, est le plus ancien des ponts jetés sur la Seine, offrant une illustration au modernisme porté en France par l’esprit de la Renaissance. Tandis qu’aux abords immédiats du fleuve se succèdent ensuite les compositions les plus magistrales du classicisme français, avec le palais du Louvre, les Invalides, l’École militaire et l’hôtel de la Monnaie. Et comme avec l’esplanade des Invalides et le Champ-de-Mars qui accueillirent les grandes manifestations populaires dont les fameuses expositions universelles, on ne peut s’empêcher d’établir un lien entre les élancements audacieux du gothique flamboyant illustrés par la Sainte-Chapelle, et la vertigineuse architecture métallique initiée par la tour Eiffel.

Les quais de Paris réservés aux piétons 

Avec la suppression des fameuses « voies sur berges » par lesquelles les voitures traversaient Paris, les rives de la Seine sont devenues un nouveau poumon de la capitale. En devenant un haut lieu du bilan carbone Zéro, les quais et les chaussées s’inscrivent dans l’histoire de la capitale puisqu’après l’ère de l’automobile reine commence celle des piétons et des cyclistes. Marcher du pont de Bir-Hakeim à la Bastille via le bassin de l’Arsenal, en changeant de berge au gré des ponts, constitue désormais la plus belle traversée de Paris.

Incontournables du paysage parisien, les bouquinistes de la rive gauche sont installés du quai de la Tournelle au quai Voltaire. De l’autre côté de la rive, posé le long du quai des Tuileries : un des pavillons du Louvre.
Incontournables du paysage parisien, les bouquinistes de la rive gauche sont installés du quai de la Tournelle au quai Voltaire. De l’autre côté de la rive, posé le long du quai des Tuileries : un des pavillons du Louvre. © Bertrand Gardel / Hemis.fr

Paris, cité universelle 

Un aspect un peu oublié de la richesse patrimoniale du cœur de Paris est sa valeur de modèle tout au long de son Histoire. Dès le Moyen Âge, on voit Notre-Dame servir de référence pour les cathédrales gothiques françaises, et la Sainte-Chapelle, par l’audace de sa construction et la splendeur de ses vitraux, représenter un modèle à tenter d’imiter. La place de la Concorde, entre les hôtels jumeaux de Crillon et de la Marine, ou encore la perspective des Invalides, au-delà du pont Alexandre III, ont influencé l’urbanisme des capitales européennes. Tandis que la structure de Paris, imaginée par le préfet-baron Haussmann sur la commande de Napoléon III, avec ses larges avenues rayonnant dans la ville à partir d’axes majeurs, a inspiré le dessin des grandes cités fondées ex nihilo dans les deux Amériques. Tandis que le Grand et le Petit Palais, le pont Alexandre III, la tour Eiffel et le palais de Chaillot dominant les jardins du Trocadéro entretiennent le souvenir des expositions universelles des XIXe et XXe siècles, lorsque le monde entier se réunissait à Paris, qui apparaissait alors comme un phare de la planète Terre.

Pour une croisière parisienne, les Batobus

Un Batobus passe sous le pont de la Concorde, qui relie le quai des Tuileries, au niveau de la place de la Concorde, au quai d’Orsay. Le pont édifié à partir de 1787 par l‘architecte Jean-Rodolphe Perronet, qui a notamment utilisé des pierres de taille de la Bastille détruite en 1789, a été élargi dans les années 1930.
Un Batobus passe sous le pont de la Concorde, qui relie le quai des Tuileries, au niveau de la place de la Concorde, au quai d’Orsay. Le pont édifié à partir de 1787 par l‘architecte Jean-Rodolphe Perronet, qui a notamment utilisé des pierres de taille de la Bastille détruite en 1789, a été élargi dans les années 1930. © Bertrand Gardel /Hemis.fr

Les Bateaux-Mouches® sont bien connus, et un aller-retour sur la Seine entre la tour Eiffel et le jardin des Plantes constitue déjà une superbe croisière au cœur de Paris. Mais le Batobus offre un avantage supplémentaire: avec un ticket unique, à chacune de ses neuf escales, on peut débarquer et reprendre un bateau plus tard. Les points d’embarquement se succèdent : jardin des Plantes (accès au Quartier latin de la Montagne Sainte-Geneviève), Hôtel de Ville (une porte du quartier du Marais), Louvre (le musée et le jardin des Tuileries), place de la Concorde (entre Tuileries et Champs-Élysées), tour Eiffel (Champ-de-Mars et Trocadéro), Invalides (quartier des ministères), Musée d’Orsay (l’ancienne gare), Saint-Germain-des-Prés (quartier des écrivains devenu celui de la mode), Notre-Dame (et l’île de la Cité).

Sources