Le Top 9 des choses à faire en Guyane

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Publié le par Philippe Bourget

Visiter le centre spatial de Kourou, royaume des fusées

Centre spatial de Kourou
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A 60 km de Cayenne, au bord de l’océan, le Centre Spatial Guyanais lance les fusées Véga-C et Ariane 6 pour mettre en orbite des satellites militaires, « météo » et de communication. Ils permettent à la France et à l’Europe de maîtriser son espace face à ses concurrents. Etendu sur 660 km², ce site de Guyane se visite en bus, dévoilant bâtiments de recherche, de contrôle et pas de tirs, ainsi que le paysage forestier de la base. 1 500 personnes travaillent sur ce lieu qui abrite aussi… la plus grande concentration de jaguars d’Amérique du Sud ! Le parcours se poursuit par la salle Jupiter 2, bardée d’écrans de contrôle et par Guyaspace Expérience, le récent espace muséal immersif consacré à l’histoire et à l’actualité du site.

Voir Cayenne lors d'une journée, chez la belle alanguie

Cayenne
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Avec 55 000 habitants, Cayenne, préfecture de la Guyane, baigne dans une belle torpeur équatoriale. Autour de la place des Palmistes, le bar éponyme et son décor créole est l’un des lieux les plus animés. A l’ouest, le Vieux Cayenne livre ses maisons coloniales et le très old fashion musée Franconie. De là, on grimpera sur la colline Cépérou, pour la vue grand angle sur la ville et l’océan. Shopping rues Lallouette et Général de Gaulle, crochet vers la place des Amandiers pour voir la mangrove et on terminera au musée des Cultures Guyanaises. Dans une maison restaurée, la diversité culturelle de la Guyane est documentée à travers papiers d’archives et photos, depuis les peuplements amérindiens jusqu’aux temps modernes. 

Se poser aux Îles du Salut, « l’enfer au paradis »

Les îles du Salut
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Situées 14 km au large de Kourou, ces 3 îles ont servi de bagne à la France de 1852 à 1953. Après 1h15 de traversée, on aborde ces îlots à l’allure d’éden tropical. Impression fausse… Îles Royale, Saint-Joseph, du Diable : pendant un siècle, détenus de droit commun et prisonniers politiques ont été enfermés dans cette prison de Guyane à ciel ouvert, dans des conditions d’hygiène terribles, condamnés aux travaux forcés. L’île Royale abrite les vestiges de l’ancien village pénitentiaire (casernes, cellules, bâtiments disciplinaires..). L’île Saint-Joseph recevait les prisonniers les plus récalcitrants où ayant tenté de s’évader. L’Île Royale, elle, accueillit pendant 4 ans le capitaine Dreyfus, condamné pour haute trahison.

Explorer le marais de Kaw, plus grande zone humide de France

Marais de Kaw
© CTGuyane Jean-Jacques Serol

Près de Cayenne se trouve la 4ème plus grande réserve naturelle de France. Un sanctuaire de la nature qu’il est possible d’investiguer en pirogue sur la rivière de Kaw, pour découvrir une riche avifaune de hérons, d’aigrettes, de martins-pêcheurs, de poules d’eau, de jacanas et d’étranges hoazins, volatils au look un peu préhistorique… La faune terrestre soutient la comparaison. On peut voir ainsi batraciens et caïmans mais aussi des espèces endémiques, telles la capybara, plus gros rongeur du monde et le zébu de Kaw. Réputé pour sa forte pluviométrie annuelle, ce marais de Guyane, d’une biodiversité exceptionnelle, abrite aussi les traces de peuplement amérindien datant de 170 ans après J.-C.

Passer une nuit (ou plusieurs) dans un carbet

Une nuit dans un carbet
© Philippe Bourget

Avec 8 millions d’hectares, la Guyane est une forêt amazonienne française plus vraie que nature. Au sud, seuls les fleuves permettent de rejoindre les villages abritant les 25 000 amérindiens de Guyane. Des opérateurs locaux proposent ce « tourisme d’aventure » en pirogues à moteur sur les fleuves Maroni, Oyapock, Approuague et Kourou, avec nuits et repas dans des campements nommés ici carbets. Un logement et un style de vie ! Sous une structure en bois ouverte vers l’extérieur, on dort dans des hamacs (plus rarement dans des lits), bercé par les bruits de la nature. Le jour, on explore depuis les carbets la forêt amazonienne avec un guide, on pagaie sur une pirogue ou un kayak, on nage dans le fleuve... Les carbets sont cultes ! 

Découvrir Saint-Laurent-du-Maroni, au bord du fleuve

Saint-Laurent-du-Maroni
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Un fleuve, un quartier colonial et un centre de la transportation hérité du bagne. Voilà 3 raisons de pousser jusqu’à cette ville de l’est de la Guyane, frontalière du Surinam. Bordée par le fleuve Maroni qui s'enfonce dans la forêt amazonienne, on longera ses rives en pirogue, débarquera sur un îlot boisé (l’île aux Lépreux) et observera le village surinamien d’Albina. A pied, on visitera le « Petit Paris », ancien quartier colonial qui abrite toujours, dans d’anciennes bâtisses, des services publics (sous-préfecture, mairie, hôpital en bois…) et de belles villas à balcons et volets de bois. Le centre de la transportation rappellera les terribles conditions de vie des prisonniers, entre cellules collectives et souvenirs du passage de Papillon et de Guillaume Seznec.   

S’arrêter à Cacao et Jahouvey, villages Hmong

Marché de Cacao
© CT Guyane

Les saveurs des marchés font partie du charme de la Guyane française. Au-delà de celui de Cayenne, marché couvert de type Eiffel, on s’arrêtera aux marchés Hmong de Cacao ou de Jahouvey. Hmong ? Oui car à partir de 1975, pour fuir les conflits de la guerre au Vietnam, des membres de cette ethnie, aidés par des fonctionnaires français, s’installent en Guyane. Ils créent le village de Cacao et font des merveilles avec la terre locale, produisant fruits et légumes en quantité. Devenus les maraichers du territoire, ils vendent leurs produits sur les marchés de ces deux villages, notamment le dimanche matin. L’occasion de plonger dans une ambiance différente et de rencontrer cette communauté et son artisanat.

S’imprégner de gastronomie locale

La rhumerie de Belle Cabresse
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Entre influences créoles, amérindiennes et asiatiques, la gastronomie de la Guyane met à l’honneur les saveurs des produits naturels. Rôti cougnade, colombo, fricassé ou poulet boucané, bouillon d’Awara… Dans les restaurants et certains lieux, comme la ferme François, près de Montsinéry (à 35 mn de Cayenne), on peut goûter aux plats mais aussi élaborer ses recettes, lors d’ateliers culinaires. Côté boissons, jus de fruits et rhum sont rois. Les visiteurs iront avec intérêt, à Saint-Laurent-du-Maroni, voir la rhumerie La Belle Cabresse, entreprise dont on découvre l’atelier de fabrication et la boutique, parcours de « tourisme industriel » pédagogique et riche. Il n’y a pas qu’aux Antilles qu’on sait faire du bon rhum !

Marcher dans les Salines de Montjoly avec les enfants

Les salines de Montjoly
© CT Guyane

Le sentier pédestre des Salines de Montjoly (2h30), à Rémire-Montjoly, aux portes de Cayenne, est un site naturel qui accueille d’avril à juin, sur la plage, la ponte des tortues marines luths. Etendue entre le mont Bourda et la pointe de Montravel, la plage de sable reçoit durant cette période, la nuit à marée haute, ces énormes tortues venues déposer leurs œufs. Un spectacle fascinant à découvrir avec tout le respect dû à cette espèce, en compagnie des représentants de l’association Kwata, gestionnaire du site. Au delà de la plage, le sentier permet de découvrir aussi le cordon dunaire et sa végétation typique des milieux sableux ainsi qu’une zone humide située à l’arrière, l’une des plus remarquables du secteur.

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