Ainhoa, en rouge et blanc
Il est parfois considéré comme l’archétype du village basque pittoresque. A 30 mn de route de Saint-Jean-de-Luz, Ainhoa cumule en effet les symboles de la « basquitude » : façades de maisons aux couleurs blanches et rouges de sa rue principale ; fronton de pelote basque accolé à l’église ; linteaux en pierre de grès rose ; petits commerces de producteurs locaux… Le tout sous la forme d’une bastide. Rien d’étonnant à ce qu'Ainhoa, placé à la limite des provinces du Labourd et de la Navarre, entre les rivières la Nive et la Nivelle, ait été classé parmi les plus beaux de France. On s’en échappera avec bonheur pour gravir les pentes du mont Atsulai et admirer la vue grand angle sur Ainhoa et les montagnes basques.
Sare, l’identité à cœur
Sa frontière avec l’Espagne lui a valu la réputation de « village contrebandier ». Si le « travail de nuit » a fait la fortune de Sare, c’est de jour qu’il faut le parcourir, avec ses quartiers aux superbes maisons labourdines, son héritage artisanal et ses traditions vivaces. Preuve en est, la maison Ortillopitz, splendide ferme isolée du XVIIe s., restaurée dans sa version d’origine. Ses maisons rouges et blanches à balcons. Ses parcelles closes de pierres levées – une particularité de Sare. Son fronton « historique » (1833) où, chaque mois d’août, se tient la foire aux pottoks ; son Herriko etxea (mairie) à arcades. Et son église, massive, centrale, avec sa ceinture de tombes à stèles hélicoïdales. Incontournable.
Saint-Jean-Pied-de Port, place forte porte de l’Espagne
Les pèlerins engagés sur le « Camino Frances », l’un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, sont tenus de faire halte à Saint-Jean-Pied-de-Port, dernier arrêt avant l’Espagne. Heureuse étape ! Au pied du célèbre col de Roncevaux, à la frontière de la péninsule ibérique, le village est une cité fortifiée fondée au XIIe s., protégée par une citadelle. Bâtie à la place de l’ancien château fort des rois de Navarre, elle a été remaniée par Vauban en 1685 et abrite de nos jours un collège. Carrefour commercial animé au cœur des Pyrénées basques, le village est depuis des siècles un lieu de passage. Ses boutiques, son architecture typique et préservée en font une halte obligée.
Navarrenx, première cité bastionnée de France
Classée aussi parmi « Les Plus Beaux Villages de France », Navarrenx, cité du Béarn des Gaves, sur le chemin de Compostelle du Puy-en-Velay, est une cité-étape d’autant plus intéressante qu’elle est bastide depuis le XIVe s., protégée par une couronne de solides remparts achevés en 1548 … un siècle avant Vauban ! Placée à la frontière de la Navarre, donc convoitée, la ville fut en effet enfermée dans des fortifications, réalisées par un architecte italien, Fabricio Siciliano. Ce qui en fait la première cité bastionnée de France ! Irriguée à ses pieds par le gave d’Oloron, où l’on pêche toujours le saumon, Navarrenx se laisse découvrir sereinement au gré des ruelles de son noyau ancien.
La Bastide-Clairence, styles labourdin et navarrais
La Bastide-Clairence est une sorte d’anomalie architecturale : une bastide du sud-ouest maquillée en rouge et blanc basque. Il faut s’asseoir longuement à la terrasse du bar des Arceaux, sur la place éponyme, pour prendre le pouls de cette cité en pente, admirer l’harmonie de ses façades blanches à volets rouges sur arcades, éprouver son calme réparateur. Un esthétisme à peine troublé par le claquement sec d’une pelote sur le mur du fronton. Fondée au XIVe s. par Louis 1er de Navarre, futur Louis X, roi de France, le village, pittoresque, offre l’occasion d’une balade hors des sentiers battus basques pour voir ses belles demeures de style labourdin ou navarrais et découvrir le trinquet le vieux de France (1512).
Espelette, un village pimenté
On l’avoue, « l’accroche » est facile. Célèbre pour son piment, Espelette surfe depuis des décennies sur cette spécialité pour attirer dans ses rues la foule des touristes. Apparue sur les terres du village au XVIIe s., cette culture s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui et l’on trouve encore des cordes de piments à sécher pendues aux façades des maisons – même si cette technique est devenue folklorique. Si l’on vient ici pour le condiment, ses boutiques de producteurs et ses ateliers de piment, on n’oubliera pas d’apprécier ce village pittoresque et piéton aux maisons typiques. Jadis, un château se tenait dans le bourg. Il n’en reste qu’un morceau d’enceinte et une tour, partie de la mairie.
Saint-Palais, capitale du pays de Mixe
On a un faible pour ce village, situé au croisement des trois provinces du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soule. Bourg agricole et capitale du pays de Mixe, la commune est connue pour son festival d’été de Force basque. Au bord de la Bidouze, elle affiche un joli patrimoine bâti et de nombreux commerces et services. Deux hôtels sur la place du Foirail piétonnisée, une coopérative agricole, un marché sous la halle… Le rayonnement de Saint-Palais n’est pas nouveau. Située sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, on ira voir, rue du Palais de Justice, les belles demeures, dont la maison des Têtes, avec son blason sculpté représentant les derniers rois de Navarre, le Diable, la nourrice et la fertilité.
Itxassou, la basque attitude en bandoulière…
Itxassou joue dans la catégorie « authentique ». Célèbre pour sa confiture de cerises noires, à déguster nature ou dans une part de gâteau basque, la commune parsème ses onze quartiers depuis les bords de Nive jusqu’aux versants herbeux, situés sous le pic du Mondarrain (749 m) et l’Artzamendi (926 m). Si un seul de ces quartiers est à découvrir, c’est Gérasto. Une magnifique grimpette conduit en voiture jusqu’à ce « hameau en liberté », planté de lourdes fermes à colombages aux volets rouges, de pottoks et d’un improbable fronton, perdu au milieu des champs. Le retour par les gorges et le Pas de Roland, sans oublier les sentiers le long de la Nive, sont deux autres « must » d’Itxassou.
Saint-Engrâce, quintessence basque
C’est le plus basque des villages basques. Foyer d’identité rurale, Saint-Engrâce, niché au fond de la Haute-Soule, déploie ses quartiers et ses maisons de versants sur des reliefs karstiques. Ici, le sentiment d’un monde préservé domine. Cela tient à cette position en cul de sac au pied des sommets pyrénéens et à ces noms à rallonge de quartiers ou de maisons, Ekhi-Altia, Dolainty-Urrutia, Azkarateilla, Etchecopar-Hia, Arhantzeta… Cela tient aussi à cette église du XIe s., exemple dissymétrique mais abouti d’architecture rurale, à ces disques hélicoïdaux du cimetière, à ce fronton et vieux trinquet posés à l’articulation du village, pôles de ralliement pour les habitants disséminés. Un village cultissime.