Lerins : des îles au goût de paradis

Par Joël Chaboureau
source : Détours en France

Détachées du continent, ces deux îles de la côte méditerranéenne, à deux pas de Cannes et de la Croisette, sont autant de havres de paix dépaysants. Des petits jardins d’Eden qui, même à l’heure des touristes, gardent une atmosphère rare, hors du temps, un peu sauvage.

Sainte-Marguerite, le jardin sur la mer

île Ste-Marguerite étang bateguier

Depuis la Croisette, le bateau met le cap sur la tourelle Batéguier, annonciatrice de l’arrivée. Sainte-Marguerite semble un gros caillou couvert de pins et d’eucalyptus centenaires qui distillent cette odeur si caractéristique et attachée à ce coin de Méditerranée. Avec ses trois kilomètres de long sur 800 m de large, cette île est grande comme un mouchoir de poche. Son « village » et ses quelques maisons et cabanons possède un débarcadère.
Côté nature, il faut parcourir le sentier botanique qui serpente à travers le maquis, garde manger des animaux de l’île (faisans, lapins, écureuils, hérissons et couleuvres…) qui présente des panneaux pédagogiques. A l’extrémité ouest de l’île, la pointe du Batéguier, où se love une étroite plage, possède un inattendu réservoir, l’étang du Batéguier : grand cormoran, sterne pierre-garin et une nuée d’oiseaux marins s’y ébattent avec insouciance. Cette partie de l’île est la plus propice à la baignade avec ses criques de sable ou de galets.

fort royal

Côté patrimoine, c’est le fort Vauban (qui a utilisé un bâti réalisé au XVIIe par Richelieu) qui nécessite une visite. Village dans le village, ce monument historique classé a abrité du temps de sa splendeur château, prisons (c’est là, dit-on, qu’aurait été incarcéré le fameux Masque de fer, supposé frère adultérin de Louis XIV ou membre de la haute noblesse qui aurait trahi le Roi soleil), four, hôpital, jardins, casernes, poudrières, logements…

Saint-Honorat, l’île du silence

îles Lérins

Séparée de sa voisine par un chenal, le plateau du Milieu, la deuxième île de l’archipel de Lérins ne s’aborde pas sans une envie profonde de trouver la paix. Malgré ses dimensions lilliputiennes (1,5 km de long pour 400 m de tour de taille), l’île impose d’emblée le calme, voire un certain recueillement à l’hôte de passage. De nos jours, l’île appartient à une trentaine de moines cisterciens qui cultivent un peu plus de sept hectares, produisent une trentaine de milliers de bouteilles de rouge et de blanc de belle renommée et fabriquent un nectar liquoreux (la Lérina). Concoctée avec 44 plantes aux propriétés digestives, il est élaboré selon une recette gardée secrète.

L'abbaye de Lérins

L'abbaye de Lérins sur l'île Saint-Honorat.

Les visiteurs peuvent parcourir librement l’île et accéder à l’église monastique. Mais le plus fameux monument à visiter est l’ancien monastère fortifié. Au premier niveau s’offre un cloître minuscule – avec un puits de récupération d’eau de pluie – surmonté d’une galerie et d’un second cloître. Le bâtiment riche de chapiteaux sculptés, de salles voûtées, de terrasses, réserve à l’abri de ses mâchicoulis et créneaux une vue panoramique sur l’île et le monastère actuel.

Pour faire le tour de l’île (compter deux heures sans se presser), il faut suivre les allées boisées du « chemin de ronde » qui borde au plus près des récifs de calcaire d’un blanc éclatant. Il ne faut pas oublier que l’heure du retour sur le contient va bientôt sonner. Hormis les plaisanciers nombreux à mouiller au large, nul ne peut dormir dans ce petit paradis à moins que l’on n’ait décidé d’accomplir une véritable retraite spirituelle dans l'abbaye de Lérins (à condition de faire acte de candidature au moins deux mois à l’avance).

Renseignements

Office de tourisme de Cannes au 04 92 99 84 22
Navettes pour rejoindre les îles depuis Nice ou Cannes, la Compagnie maritime Trans Côte d'Azur