Quarante-cinq kilomètres à l’est de Limoges, on se trouve encore dans un pays de plaine. Mais aux confins du plateau de Millevaches, contrefort du Massif central, on entre dans ce qu’on appelle la « Montagne limousine », qui culmine à 976 mètres au mont Bessou. Le lac du Vassivière lui emprunte, en l’accentuant encore, son ambiance montagnarde. En effet, il a été créé par la construction d’un barrage sur la Maulde, affluent de la Vienne, dont la vallée se trouve ici encastrée dans un relief escarpé. Le lac adopte une forme indescriptible tant elle est torturée, entre des berges souvent peu accessibles. Et si ses dimensions maximales atteignent cinq kilomètres d’est en ouest et quatre et demi du nord au sud, cela ne veut rien dire tant ses rives sont ciselées, indentées… Selon le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, sous la protection duquel il est placé, il totalise quarante-sept kilomètres de rivages ! Conifères, landes, ajoncs, pâtures occupent le territoire, cette végétation se trouvant actuellement en pleine mutation. À l’instigation du Conservatoire, des parcelles de conifères sont abattues pour rendre les terres à l’élevage tel qu’il se pratiquait autrefois. Ce retour aux origines présente par ailleurs une double vertu: ramener une biodiversité perdue et varier les paysages. Parmi ces derniers sont mises en valeur ces tourbières qui caractérisent si bien le plateau de Millevaches.
À proximité du lac et même sur ses rives, elles sont nombreuses. On les approchera en canoë depuis les « ports » de Nergout ou de Vauveix, situés sur la rive sud. Le meilleur site vers lequel pagayer se trouve au pied de la presqu’île de Chassagnas, côté est, après avoir passé l’île de Vauveix.
Tourisme au pied des Puys
Cette presqu’île de Chassagnas apparaît comme le site majeur du lac, qu’elle sépare en deux parties. À l’ouest, du côté du barrage, apparaît l’île de Vassivière et le Centre international d’art et du paysage, installé dans son château.
À l’est, incrustée au pied des puys de la Garde, de la Croix, de Soumeix, de Broussas et du Rocher: la partie la plus sauvage du lac. Le sentier qui fait le tour de la presqu’île offre le plus beau panorama sur le lac. On stationnera entre le hameau de Masgrangeas et le lieu-dit Chassagnas, sur le parking ménagé au bord de la route D3A2. En suivant un balisage jaune, il faut marcher dans la direction de Royère-de-Vassivière jusqu’au chemin qui entre dans le bois. À la première intersection, prendre à gauche. Le chemin dessine une large courbe dans le sens des aiguilles d’une montre, en longeant l’orée du bois dit… le Pré Joli. Après être de nouveau entré en sous-bois, guetter un chemin à droit. Il donne sur le chemin qui mène à Chassagnas (sur la droite), mais nous tournons à gauche pour nous diriger vers le lac.
On atteint ainsi un point de vue et un sentier qui descend sur la berge du lac, où une passerelle donne accès à l’île de Vauveix. Faire le tour d’une île, quelle qu’elle soit – y compris minuscule comme celle-ci –reste une expérience qu’il faut avoir connue pour mesurer tout ce qu’il y a d’incongru dans le fait de marcher toujours devant soi pour se retrouver à son point de départ. Il serait dommage de s’en priver. Pour continuer la balade, il faudra revenir à ce point de vue. On commence alors l’ascension du sommet de la presqu’île de Chassagnas : au fur et à mesure qu’on s’élève, la vue s’élargit sur le lac qui paraît immense. Du sommet, le sentier descend droit vers la berge, offrant un nouveau panorama, avec l’île de Vassivière au premier plan. Une fois arrivé sur la rive du lac, on la longe sur la droite jusqu’à trouver un large chemin qui remonte doucement, en bordure du bois, vers Chassagnas et, au-delà, le parking où nous avons pris le départ de cette petite randonnée.