Ce lac français aux airs de Grand Sud calédonien

Le lac du Salagou s’étend sur plus de 700 ha et 7 km de long sur les communes de Celles et du Puech notamment. - © Bertrand Rieger / Détours en France

Publié le par Dominique Roger

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • À Clermont-l’Hérault, le marché du mercredi anime les allées Salengro ; un bon point de départ pour flâner entre patrimoine médiéval et ambiance méridionale, jusqu’à la collégiale gothique Saint-Paul.
  • Sur la route du lac du Salagou, deux étapes incontournables : Villeneuvette, ancienne cité ouvrière fondée par Colbert, et le cirque de Mourèze, un incroyable chaos rocheux sculpté par le temps.
  • Le lac du Salagou offre un paysage unique de ruffe rouge, entre sentiers, villages et terres volcaniques ; un décor saisissant à explorer à pied, au fil des traces géologiques et humaines.

Clermont-l’Hérault, mercredi, jour de marché. Les allées Salengro, bordées de platanes centenaires, servent d’écrin aux étals des producteurs locaux. Toute une ambiance du Sud propice à baguenauder au gré des ruelles jalonnées de belles demeures, héritage des riches marchands drapiers ; au pied des vestiges du château des Guilhem, que les seigneurs de Clermont de Lodève firent édifier au XIIe siècle, ou en poussant les portes de la collégiale Saint-Paul (XIIIe), majestueuse et gothique, qui joue les cathédrales avec sa voûte élancée et sa massive tour-clocher. Pour rejoindre les rives du lac du Salagou, direction la D908. Mais attention, ici, la ligne droite n’est pas le chemin le plus direct. Avant les terres rouges, deux sites étonnants seront vos compagnons de voyage. À une poignée de kilomètres sur la route de Bédarieux, un panneau indique « Villeneuvette. Manufacture royale ». Au bout d’une allée de platanes, un haut mur, un porche d’entrée au fronton duquel on lit une inscription : « Honneur au travail ». Créé par le ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, en 1674, cet ensemble de bâtisses, entouré de murs, avec ses maisons de maître, ses logements, son église et son usine, était une cité ouvrière, qui a fonctionné jusqu’en 1954. Et surprise, le village est toujours habité par une cinquantaine de familles copropriétaires. Toutes les maisons sont identiques : des petites ouvertures, un rez-de-chaussée haut de plafond, qui abritait autrefois les métiers
à tisser, et deux pièces au-dessus.

Idéal pour les sports nautiques et la baignade, le lac du Salagou est entouré de fabuleuses collines de roches rouges qui contrastent avec le bleu intense de ses eaux.
Idéal pour les sports nautiques et la baignade, le lac du Salagou est entouré de fabuleuses collines de roches rouges qui contrastent avec le bleu intense de ses eaux. © Bertrand Rieger / Détours en France

Un cirque chaotique

Quittez ce lieu à l’odeur de labeur pour gagner le cirque de Mourèze et son village homonyme, qui se résume à quelques ruelles étroites tassées au pied de son église (XIIe). C’est au-dessus du village que se déroule le spectacle. Un chaos pierreux en dolomie, une roche calcaire qui provient de dépôts sédimentaires laissés par la mer recouvrant la région il y a 160 millions d’années. Friable, elle s’est laissé éroder et sculpter par l’eau, le vent et l’homme préhistorique jusqu’à former un labyrinthe de pierres s’étendant sur 350 hectares, hérissée de blocs aux formes étranges. En suivant le sentier balisé en jaune (3 km), on découvre des silhouettes fantasmagoriques: le Gardien, l’Oracle, le Sphynx...

Le goût du Salagou

Après le gris des dolomites de Mourèze, place aux couleurs éclatantes du Salagou ! Sur fond de bleu des eaux du lac artificiel et des taches verdoyantes de la végétation, c’est le rouge qui domine. Cette terre, qui a pour petite sœur celle du Grand Sud calédonien, autour du lac de Yaté par exemple, qui incendie le paysage se nomme la ruffe, un grès argileux coloré par l’oxyde de fer. Un héritage vieux de 250 millions d’années, lorsque régnait sur la vallée un climat tropical. Le goût du Salagou, vous le vivrez tout au long des sentiers qui ourlent les rives du lac, tel celui qui débute au bord du barrage, et vous entraîne jusqu’au hameau des Vailhès (balisage rouge), au gré des villages d’Octon, Salasc ou Celles. Ce dernier aurait dû être ennoyé en 1969, mais il fut épargné grâce à quelque erreur de la part des ingénieurs. Il est toujours là, mais déserté, fantomatique.

Sujets associés