Les touristes qui viennent visiter le mémorial des Glières viennent en voiture par la route de Thorens-Glières, au nord d’Annecy. Mais les lieux valent beaucoup mieux que cela. Ce qu’il convient de faire est de venir par les sentiers muletiers qui en gravissent les flancs ; il faut alors marcher, à l’image de ceux qui, aux temps les plus sombres des années 1940, prenaient la direction du maquis. Comme l’expédition est relativement longue et qu’un hébergement sur les cimes est possible, nous programmons notre balade sur deux bonnes journées.
Jour 1 : montée par des cols jusqu'aux Glières
Au hameau du Crêt (980 mètres d’altitude) où, dans le prolongement d’une petite route, le sentier attaque la montagne et l’aventure maquisarde commence. Comme nous montons dans le sous-bois, au hasard d’une clairière, la vue se dévoile brièvement sur les sommets ; on repère en enfilade les pentes raides et nues du mont Lachat et de la montagne des Auges. C’est par là que nous atteindrons les Glières, et on comprend pourquoi les Savoyards choisirent de se retrancher derrière ces remparts naturels. La montée est raide jusqu’au col de la Buffaz (1 500 m). Il faut prendre son temps, marcher à petits paset mesurer son souffle. Au col de la Buffaz, un sentier en lacet suit l’épaule de la montagne: il grimpe droit aux Glières par le col de l’Ovine. Mais il y a mieux à faire, continuons à flanc de pente sous les falaises. Le sentier monte doucement pour contourner la muraille et déboucher sur les dernières pentes de la montagne des Auges, près de chalets d’alpage dont l’un est aménagé en refuge. Nous voici à 1 760 mètres, dominant de 300 mètres le plateau des Glières. Au pied de pentes raides couvertes de sapins et d’épicéas, c’est une combe longue de cinq kilomètres pour un à deux de large, qui présente le paysage traditionnel d’estives savoyardes.
Site de résistance
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le site des Glières avait été choisi comme point de parachutage pour les armes que les Alliés livraient à la Résistance. Mais avec l’instauration du service du travail obligatoire, de nombreux résistants s’y réfugièrent, jusqu’à se trouver à plus de 450. C’est alors que, suite à un important parachutage d’armes à l’hiver 1943-44, la Wehrmacht dépêcha une division alpine et appuyée par l’aviation. Le 26 mars 1944, la dispersion du maquis fut décidée, mais 250 résistants furent capturés, exécutés, déportés…
Le souvenirs du maquis
Au fond de la combe, on rejoint la route qui arrive de Thorens- Glières. Et à quelques centaines de mètres à droite, le monument national à la Résistance, édifié en 1972 sur un projet d’Émile Gilioli, où on lit le « V » de la victoire et l’optimisme des rayons du soleil. Si l’étape n’a pas semblé trop difficile, on prendra alors le temps de suivre le sentier historique qui y trouve son départ. Attention, il faut prévoir encore deux heures de marche, mais qui sont relativement facile. C’est dans ces mêmes parages qu’on trouvera un gîte pour la nuit. Par exemple, l’Auberge des Glières, hôtel-restaurant simple mais confortable et avec un accueil chaleureux, ou bien le gîte restaurant Les Lanfiannes, destiné aux randonneurs et offrant un logement en chambres avec une restauration simple mais soignée.
Jour 2 : retour en vallée
On redescendra par le GR96 qui emprunte tout le fond de la combe. Il passe par la chapelle Notre-Dame-des-Neiges, située à 1 454 mètres, qui, au débouché d’un vallon, constituait un point d’appui important de la défense du plateau. C’est dans ce vallon qu’un bon chemin nous conduit au lieu-dit La Rosière. On y quittera le GR96 pour trouver, à gauche, le sentier qui part vers la cabane de la Têtaz. Après celui-ci, guetter le sentier qui plonge littéralement vers le hameau du Sappey. Là, on retrouvera la petite route qui conduit au point de départ de notre randonnée, le Crêt, 500 mètres plus haut.