Les Montagnes du Jura cultivent l’esprit de résistance

Publié le par La rédaction de Détours en FranceArticle sponsorisé Détours / CRT Bourgogne Franche-Comté

À l’image de ses paysages escarpés, la région a souvent su se démarquer dans l'Histoire par son caractère résistant, parfois révolté. Belles et rebelles, les Montagnes du Jura offrent des escapades culturelles qui témoignent de cet esprit libre et frondeur. D’Ornans à Besançon, découvrez le destin de deux grands hommes combatifs épris de liberté et de justice, le peintre Gustave Courbet et l’écrivain Victor Hugo, avant de plonger au cœur de l’histoire des luttes contre toutes les tyrannies au Musée de la Résistance et de la Déportation.

Gustave Courbet, enfant du pays et peintre de toutes les libertés

Le musée Gustave Courbet à Ornans
FermerLe musée Gustave Courbet à Ornans © Corinne Vasselet / BFC Tourisme
© Corinne Vasselet / BFC Tourisme

Dans la vallée de la Loue au cœur des Montagnes du Jura, Ornans n’est pas seulement une petite cité comtoise plein de charme, c’est aussi le berceau du peintre Gustave Courbet(1819-1877). Depuis 2011, le Musée Gustave Courbet s’étend sur trois hôtels particuliers dont sa maison natale. On y suit son parcours d’homme et d’artiste d’Ornans jusqu’à Paris où il part à 20 ans poursuivre des études de droit, avant de se consacrer pleinement à son art. Rebelle Gustave Courbet ? C’est peu de le dire ! Ardent défenseur de la liberté de penser et de créer, il bouscule le monde de l’art. On lui doit un courant artistique nouveau, le Réalisme, en rupture avec les codes préétablis et la supposée « morale » de son temps. Et pourtant, son tableau le plus sulfureux, L’Origine du monde, resta inconnu du grand public jusqu’en 1995 ! À la fin de sa vie, son audace artistique s’est doublée d’un engagement pour la défense des idées républicaines. En 1871, il est élu conseiller municipal à la Commune libre de Paris. Son implication dans la Commune ainsi que l’accusation infondée d’une participation à la destruction de la colonne Vendôme le mènent en prison la même année. Après deux condamnations, il choisit l’exil en Suisse où il passe les dernières années de sa vie. Il se tourne alors vers la sculpture, produisant quelques œuvres emblématiques de sa quête de liberté comme la Dame à la Mouette que l’on peut admirer au Musée d’Ornans.

À voir en ce moment

Delacroix s’invite chez Courbet Cette exposition temporaire, visible jusqu’au 4 février 2024, présente une sélection de 60 œuvres d’Eugène Delacroix. L’occasion d’un dialogue inédit entre le « vieux lion » du romantisme et le « rude ouvrier » du réalisme.

 

À la découverte de tous les combats de Victor Hugo

La Maison natale de Victor Hugo à Besançon
FermerLa Maison natale de Victor Hugo à Besançon © Corinne Vasselet / BFC Tourisme
© Corinne Vasselet / BFC Tourisme

On associe plus facilement Victor Hugo à Paris où il vécut la majeure partie de sa vie, ou encore ou aux iles anglo-normandes où il demeura en exil pendant 17 ans. Pourtant, son destin est aussi lié aux Montagnes du Jura, puisque c’est ici au 140 grande rue, dans le centre historique de Besançon, que l’écrivain français le plus célèbre au monde a vu le jour le 26 février 1802. Il est le troisième fils du général d’Empire Léopold Hugo, alors en garnison au 20e régiment d'infanterie de ligne de Besançon, et de Sophie Trébuchet. Se démarquant des autres maisons où il vécut, la Maison natale de Victor Hugo, donne à voir depuis 2013 les combats de l’homme humaniste et engagé qu’il fut toute sa vie, tant par sa plume que par son action politique. La scénographie, très contemporaine, accorde une grande place au multimédia : ne manquez pas la visite guidée, gratuite, tous les dimanches à 11h ! Convaincu que « ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent », il a notamment défendu l’abolition de l’esclavage, l’abolition de la peine de mort, le refus de la misère et la cause des femmes. Très ouverte sur le monde actuel, cette maison d’écrivain met en valeur l’actualité de ses combats au XXIe siècle, avec l’appui de quatre associations internationales partenaire : la liberté d’expression avec Reporters sans frontières, Unicef, la dignité humaine avec ATD Quart-monde, les droits de l’enfant avec Unicef, la liberté des peuples avec Amnesty international.

À voir en ce moment

« Chinland » du photoreporter Robin Tutenges Lauréat du Prix Victor Hugo de la photographie engagée, Robin Tutenges expose jusqu’au 31 décembre 2023 à la Maison Victor Hugo la série « Chinland » réalisée un an plus tôt. Un témoignage puissant de la révolte de l’ethnie Chin en Birmanie contre la junte militaire au pouvoir depuis le coup d’État en 2021.

 

Musée de la Résistance et de la déportation : passeurs d’histoire(s)

la Citadelle Vauban de Besançon, le Musée de la Résistance et de la Déportation
Fermerla Citadelle Vauban de Besançon, le Musée de la Résistance et de la Déportation © Corinne Vasselet / BFC Tourisme
© Corinne Vasselet / BFC Tourisme

Situé au sein de la Citadelle Vauban de Besançon, le Musée de la Résistance et de la Déportation a rouvert ses portes le 8 septembre 2023, après trois années de travaux. Ce musée, dédié à l’origine aux mouvements et réseaux clandestins qui continuèrent la lutte contre l’ennemi nazi pendant Seconde Guerre mondiale, a étendu sa vocation pour renforcer son rôle citoyen. Désormais il aborde la résistance et l’engagement des individus au sens large. Ses espaces d’exposition entièrement repensés mettent en valeur sa collection qui est l’une de plus importante d’Europe. Particulièrement émouvant, son espace dédié à l’art en déportation se dévoile pour la première fois au public : plus de 600 petites peintures, statuettes et dessins réalisés clandestinement par des déportés dans les camps de concentration du IIIe Reich qui élèvent l’art, dans sa forme la plus modeste, au rang d’arme de résistance. À l’occasion de la réouverture du musée, le monument des poteaux des fusillés a également été réhabilité : ce monument rend hommage aux 98 hommes qui y ont été exécutés par l’armée allemande entre 1941 et 1944. La Citadelle était en effet le lieu d’exécution des résistants condamnés à mort par le tribunal militaire allemand à Besançon. À deux pas, une autre sculpture rend hommage aux déportés.

À voir en ce moment

« Autour de la table, histoires en partage » À l’occasion de sa réouverture, le musée a choisi de mettre à l’honneur son lien particulier avec les donateurs. Ces anciens résistants et déportés, puis leurs familles, ont permis au Musée de constituer puis d’enrichir sa collection d’objets et d’archives privés. Une exposition visible jusqu’à l’été 2024.

 

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