Lorsque Martel entame sa descente, il est loin d’imaginer ce qui l’attend. Bien sûr, il y a toutes ces légendes qui courent sur le trou du Diable, sur des trésors enfouis, des gens disparus... Mais à 103 mètres de profondeur – seulement éclairé par des bougies fixées à son chapeau –, le premier spéléologue français découvre une galerie monumentale parcourue par une rivière. Neuf ans plus tard, il fait aménager par Gustave Eiffel un gigantesque escalier de fer pour permettre au public d’accéder au ventre de Padirac.
Une visite exotique
La visite suscite toujours l’émotion. Depuis le gouffre de Padirac, surnommé le trou du Diable, le visiteur emprunte un des deux ascenseurs au sommet du cône d’éboulis, sous lequel se cache la rivière. Elle ne surgit qu’une vingtaine de mètres plus bas, dans la salle des Fontaines, sous la forme d’une cascade. Il suffit de la suivre pour arriver à l’embarcadère. Là, la rivière Plane embarque le visiteur pour une balade sur 500 mètres. Ses eaux sont vertes et transparentes. Elle peut atteindre 4 mètres de profondeur, alors que la voûte grimpe jusqu’à 78 mètres. Sur les parois, il faut remarquer les traces laissées par les cours successifs de la rivière au fil des siècles. Nous débouchons sur un lac : le bruit d’eau qu’on entend provient des gouttes qui tombent par milliers de la voûte. D’où le nom donné par Martel : le lac de la Pluie. Au milieu trône une stalactite de 60 mètres de haut et 4 mètres d’épaisseur, la Grande Pendeloque.
Comme un cénote du Yucatán
Un peu d’imagination et nous voilà transportés au Mexique, au fond de l’un des prodigieux cénotes qui creusent la péninsule du Yucatán.
Féerie en profondeur
La décoration des parois compose un tableau féerique de fleurs et feuilles d’acanthe sculpté par la nature et l’eau. C’est là que s’achève le trajet en barque. L’exploration continue à pied vers le lac des Gours, puis dans la salle du Grand Dôme, cathédrale magnifique dont la voûte plafonne à 94 mètres. Des concrétions, des sculptures de calcite, des figures fantastiques composent un fabuleux décor, auquel il faut ajouter un lac suspendu à admirer depuis une corniche. La visite se termine. Mais pas Padirac. Seuls deux kilomètres sur les quarante explorés se visitent. Il y a encore le Grand Lac, superbe trou d’eau sous une coupole, la Grande Barrière, des gours suspendus, un chaos, le Grand Toboggan, des siphons... Car, depuis Martel, les explorations continuent. Le gouffre de Padirac n’a pas encore livré tous ses secrets.