Padirac, le gouffre des merveilles

Non loin de Rocamadour, sur le causse du Quercy, le gouffre de Padirac offre une plongée unique dans les entrailles de la terre à quelque 100 m de profondeur. Là, coule une mystérieuse rivière souterraine dans un méandre de galeries sur plus de 40 km. - © Christoph Gerigk / Gouffre de Padirac

Publié le par Dominique Roger

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • En 1889, Édouard-Alfred Martel découvre à 103 mètres sous terre une rivière souterraine dans une galerie monumentale : c’est le début de l’exploration du gouffre de Padirac, surnommé le "trou du Diable". Neuf ans plus tard, un escalier en fer signé Eiffel permet au public d’y descendre.
  • Aujourd’hui, la visite mêle ascenseur, balade en barque sur une rivière verte et exploration à pied de salles spectaculaires : lac de la Pluie, stalactite géante, Grand Dôme et ses 94 mètres de voûte, décors féeriques sculptés par l’eau.
  • Seuls 2 des 40 km de galeries sont accessibles au public. Le reste, encore mystérieux, continue d’être exploré. Le gouffre n’a pas livré tous ses secrets.

Lorsque Martel entame sa descente, il est loin d’imaginer ce qui l’attend. Bien sûr, il y a toutes ces légendes qui courent sur le trou du Diable, sur des trésors enfouis, des gens disparus... Mais à 103 mètres de profondeur – seulement éclairé par des bougies fixées à son chapeau –, le premier spéléologue français découvre une galerie monumentale parcourue par une rivière. Neuf ans plus tard, il fait aménager par Gustave Eiffel un gigantesque escalier de fer pour permettre au public d’accéder au ventre de Padirac.

Une visite exotique

La visite suscite toujours l’émotion. Depuis le gouffre de Padirac, surnommé le trou du Diable, le visiteur emprunte un des deux ascenseurs au sommet du cône d’éboulis, sous lequel se cache la rivière. Elle ne surgit qu’une vingtaine de mètres plus bas, dans la salle des Fontaines, sous la forme d’une cascade. Il suffit de la suivre pour arriver à l’embarcadère. Là, la rivière Plane embarque le visiteur pour une balade sur 500 mètres. Ses eaux sont vertes et transparentes. Elle peut atteindre 4 mètres de profondeur, alors que la voûte grimpe jusqu’à 78 mètres. Sur les parois, il faut remarquer les traces laissées par les cours successifs de la rivière au fil des siècles. Nous débouchons sur un lac : le bruit d’eau qu’on entend provient des gouttes qui tombent par milliers de la voûte. D’où le nom donné par Martel : le lac de la Pluie. Au milieu trône une stalactite de 60 mètres de haut et 4 mètres d’épaisseur, la Grande Pendeloque.

Comme un cénote du Yucatán

Un peu d’imagination et nous voilà transportés au Mexique, au fond de l’un des prodigieux cénotes qui creusent la péninsule du Yucatán.

Parmi les plus beaux cénotes de la péninsule du Yucatán, au Mexique, citons Oxmàn, à seulement quelques kilomètres du centre-ville de Valladolid. Cerclé de lianes et de racines, ce puits naturel de 25 m de hauteur plonge ses eaux d’un bleu limpide jusqu’à 45 m de profondeur.
Parmi les plus beaux cénotes de la péninsule du Yucatán, au Mexique, citons Oxmàn, à seulement quelques kilomètres du centre-ville de Valladolid. Cerclé de lianes et de racines, ce puits naturel de 25 m de hauteur plonge ses eaux d’un bleu limpide jusqu’à 45 m de profondeur. © Robert Harding / hemis.fr

Féerie en profondeur 

La décoration des parois compose un tableau féerique de fleurs et feuilles d’acanthe sculpté par la nature et l’eau. C’est là que s’achève le trajet en barque. L’exploration continue à pied vers le lac des Gours, puis dans la salle du Grand Dôme, cathédrale magnifique dont la voûte plafonne à 94 mètres. Des concrétions, des sculptures de calcite, des figures fantastiques composent un fabuleux décor, auquel il faut ajouter un lac suspendu à admirer depuis une corniche. La visite se termine. Mais pas Padirac. Seuls deux kilomètres sur les quarante explorés se visitent. Il y a encore le Grand Lac, superbe trou d’eau sous une coupole, la Grande Barrière, des gours suspendus, un chaos, le Grand Toboggan, des siphons... Car, depuis Martel, les explorations continuent. Le gouffre de Padirac n’a pas encore livré tous ses secrets.