Et si vous jouiez les Robinsons sur la Loire ?

Randonner en canoë sur le plus long fleuve de France est une expérience inédite. Sur plusieurs jours, en autonomie, incluant la visite de châteaux… Ces parcours hors norme comblent les pagayeurs en mal d'aventure. - © Jacques Sierpinski / Détours en France

Publié le par Dominique Le Brun

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • Descendre la Loire en canoë, c’est vivre une aventure accessible à tous, entre îles sauvages, bras secrets et bivouacs au cœur du fleuve, loin de toute trace humaine.
  • Plus bas, la Loire devient une route royale : pagayer entre les châteaux de la Renaissance offre une nouvelle lecture de l’Histoire, entre nature et patrimoine.

Le cours de la Loire est à la fois trop calme pour intéresser les passionnés de l’eau vive et trop fantasque pour accepter les péniches, y compris les pénichettes de plaisance. Là où en hiver sourdent de lourds rouleaux d’eau boueuse, on trouve en été de minces filets cristallins, filtrés par des bancs de sable à perte de vue. Foin de fleuve, mais une multitude de ruisseaux parallèles, et entre eux, des îles. À quelques centaines de mètres de la route nationale, un univers nouveau se structure quand la Loire s’assèche, vierge de toute trace humaine. Pour y naviguer, n’importe quel canoë ou kayak suffit, pourvu qu’on ait prévu un coffre étanche pour ranger ses affaires.

À la découverte des îles sauvages

On peut aussi parcourir les bords de la Loire à vélo. De Nevers à l'océan Atlantique, la route cyclable longe en effet le fleuve et ses paysages sur 900 kilomètres.
On peut aussi parcourir les bords de la Loire à vélo. De Nevers à l'océan Atlantique, la route cyclable longe en effet le fleuve et ses paysages sur 900 kilomètres. © Hervé Lenain / hémis.fr

Une descente de l’après-midi est un beau moment, mais l'idéal est de passer la nuit au milieu du fleuve. Si on se laisse tenter par une randonnée de deux jours au fil du fleuve, on commence par faire une reconnaissance depuis la terre ferme, en quête des obstacles qui pourraient se rencontrer et que, depuis le bateau, il est difficile de voir et d’anticiper. À repérer aussi : la meilleure veine d’eau pour passer sous les ponts. Ce repérage préalable constitue en soi une balade magnifique, surtout si on l’effectue à vélo. Parmi les îles où l’on se sent le plus éloigné du monde se trouvent les grands bancs de sable qui se succèdent entre Sancerre et Cosne-sur-Loire. Les aventuriers y apprécieront les monceaux de bois d’épave assez sec pour alimenter un bon feu de bivouac. On peut mettre son canoë à l’eau deux kilomètres et demi en aval de Pouilly-sur Loire, là où la D259 longe la rive gauche. Malgré la préparation en amont, il arrive qu’on s’engage dans un bras de fleuve barré par des troncs d’arbres qui se sont effondrés sur eux-mêmes. Il faut revenir à contre-courant en remorquant le canoë le long de la berge : encore une autre aventure, susceptible de faire découvrir un site idéal où planter sa tente. Sans doute car on se trouve en contrebas des berges, et à cause des rideaux d’arbres, aucun bruit de voiture ne s’entend sur les routes pourtant proches. On perçoit uniquement le chant des oiseaux et le murmure de l’eau contre la berge. Cette descente de Loire a des airs d’aventure africaine. 

Descente royale

À Meung-sur-Loire, la collégiale Saint-Liphard vaut le détour. Restaurée en 1570, cette église à l'architecture gothique se distingue par son superbe autel en bois.
À Meung-sur-Loire, la collégiale Saint-Liphard vaut le détour. Restaurée en 1570, cette église à l'architecture gothique se distingue par son superbe autel en bois. © Hervé Lenain / hemis.fr

Mais plus en aval, passé Orléans, le canoë permet de découvrir par une voie oubliée les grandes heures du royaume de France. En mettant à l’eau à Meung-sur-Loire, les châteaux fameux se succèdent et des clubs de canoë-kayak se sont même fait une spécialité de descentes culturelles qui s’étendent sur plusieurs jours. Il faut l’avoir vécu pour mesurer à quel point le pont de Beaugency prend une tout autre allure quand on se glisse entre ses piliers.

Le pont de Beaugency, de 460 mètres de long, relie la commune du même nom à celle de Lailly-en-Val. Datant du XIVe siècle, cet édifice aux 24 arches doit son aspect hétéroclite aux nombreux dégâts subis au fil du temps.
Le pont de Beaugency, de 460 mètres de long, relie la commune du même nom à celle de Lailly-en-Val. Datant du XIVe siècle, cet édifice aux 24 arches doit son aspect hétéroclite aux nombreux dégâts subis au fil du temps. © Patrick Escudero / hemis.fr

De même, on ne peut apprécier la ville de Blois et son château à leur exacte splendeur que depuis le fleuve ; pareil à Chaumont, à Amboise… Mieux, si l’on prend goût à l’art de la pagaie culturelle, on se laissera porter par le courant : à quelques kilomètres en aval d’Amboise, peu avant Tours, s’alignent les vignobles de Vouvray et de Montlouis.

Sources

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