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Trois îles à pied sec en Bretagne : Callot, Les Ébihens, Berder

Par Dominique Roger
source : Détours en rance - HS - Balades en France

À marée haute, elles sont au large du continent, inaccessibles autrement qu’en bateau. Que la marée se retire et elles sont à portée de vos pas, par la grâce d’une chaussée submersible.

L'île Callot (Finistère)

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L'île de Callot dans le Finistère

En arrivant à Carantec, le premier souci est de s'enquérir de l’heure de la marée, afin de savoir quand l’île Callot sera accessible. Au port, en haut de la cale empruntée par la chaussée pour descendre sur la grève, figurent des panneaux d’information. Un conseil, surtout à la belle saison : stationner à Carantec, car le parking de Callot est vite saturé. À partir de là, 6,5 kilomètres de balade, sur du plat, nous attendent. L’itinéraire est simple car nous ne disposons que d'une route et de deux chemins ! Donc – mais rien n’empêche de procéder à l’inverse – nous suivons l’étroite route goudronnée pour monter à la chapelle Notre-Dame-de- Callot. Juste avant, on peut se repérer à la ferme en contrebas, avec un canot de pêche tiré au sec. La chapelle abrite quelques émouvants ex-voto : un bon endroit pour se ressourcer… De là, un chemin mène à la pointe Nord de l’île. La vue depuis le calvaire est magnifique. Nous montons au pied de l’amer blanc, sur la gauche. Il s'agit de la tourelle Mazarin, qui s’aligne avec une autre située plus au large, pour indiquer un passage sûr vers Roscoff.

Les merveilles de Jézéquel

Le sentier fait le tour de la partie Nord de l’île et revient à Notre-Dame-de-Callot. Nous passons cette fois à gauche de la chapelle. En arrivant sur la partie Sud de l’île, nous prenons le chemin qui longe la plage. Une fois de retour sur le port de Carantec, nous suivons la plage droit devant, jusqu’au quai. Juste après ce quai se trouve un hangar, avec souvent de jolis petits voiliers de plaisance à l’échouage devant. C’est le Chantier Jézéquel, qui produit, depuis trois générations, de vraies merveilles nautiques. Demi-tour à présent… Nous suivons le balisage du Sentier du littoral (emprunté par le GR®34). Après la plage du Port, une rue à droite de la cale descend vers Callot : elle débouche sur la Grève Blanche, à laquelle succèdent Porz Pol et la plage de la Chaise du Curé. Une vue superbe sur la baie de Morlaix, à laquelle grimpe le chemin. Devant nous, les îles qui forment la réserve ornithologique. Parmi les principales : Ricard, Beg Lemm, l’île aux Dames, l’île de Sable…

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Route submersible entre Carantec et l'île de Callot

Un tumulus dans les jumelles

Nous redescendons ensuite vers la plus importante plage de Carantec : Le Kelenn qui accueille un centre nautique. Après Le Kelenn, la côte se fait plus sauvage. Le chemin monte par une falaise vers la pointe du Cosmeur. Puis il oblique sur la droite en longeant une pinède : c’est la pointe de Penn-al-Lann. De là, le coup d’oeil sur l’île Louët et le château du Taureau est unique. En continuant à longer la côte, nous avons sous les yeux la presqu’île de Barnenez, dont le tumulus est bien visible aux jumelles. Puis nous débouchons dans le parc Claude-Goude, aménagé en belles terrasses. Celles-ci rejoignent les hauteurs de la pointe de Penn-al-Lann. Sur la gauche, une étroite route rattrape le centre de Carantec. Nous voulions visiter le Musée maritime, qui expose outils et maquettes illustrant la tradition des chantiers navals. Mais il est en travaux et restera fermé toute l’année 2020. Dommage ! En nous promettant de revenir quand il rouvrira, nous nous dirigeons vers la place de l’Église et, à gauche de l’édifice, nous suivons les rues qui descendent vers le port.

Envie de vous éloigner un peu plus des côtes bretonnes ? Retrouvez tous nos articles sur les îles de Bretagne :

Les Ébihens (Côtes-d'Armor)

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Les Ébihens, vue aérienne de l'île

En premier lieu, depuis la grève de Saint-Jacut-de-la-Mer, il faut repérer « le » passage situé près des rochers, que balisent des perches colorées. On a l’impression de faire un grand détour mais la marche, sur un sol ferme et sec, est beaucoup plus agréable. Nous voici à la pointe Sud de l’île : atteindrons-nous directement la plage en passant à travers les bancs de rochers ? Ou nous engagerons- nous dans le chemin entre deux dunes ? En ce cas, il ne faudra pas le quitter, et ne descendre sur les plages que par les passages existants : la dune est un milieu si fragile… Cette plage est la mieux exposée au soleil, et protégée en même temps des vents d’ouest. Elle est logiquement la plus fréquentée aux beaux jours. Cependant, de l’autre côté des Ébihens, face aux îlots de la Colombière et de la Nellière, on trouve de beaux recoins de sable clair, à l'abri dans les rochers. Ambiance Robinson garantie !

Des landes impénétrables

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Les Ébihens dans les Côtes d'Armor

Le chemin monte sur plusieurs dizaines de mètres pour atteindre la partie Nord de l’île. En fait, cette partie des Ébihens tombe à-pic sur la mer, et on n’y trouve que des landes impénétrables et des ronciers, autour de quelques bosquets de pins maritimes. C’est le moment de préciser que toute l’île est privée. Ses propriétaires acceptent les visiteurs, mais il serait de mauvais goût d’abuser de leur tolérance. Aussi, nous regarderons de loin la grosse tour qui dépasse des arbres : elle a été construite à la fin du XVIIe siècle, pour surveiller ce bout de côte qui se prêtait trop bien aux débarquements ennemis. Sur le chemin du retour, nous obliquons sur la gauche pour longer la plage au pied de la falaise. À son extrémité, les rochers qui marquent l’entrée de la baie de Lancieux abritent aussi le port miniature de la Houle Causseul. Au-dessus de sa cale, on trouvera le Sentier des douaniers (GR®34), qui atteint la pointe du Chevet par la falaise, avec un joli point de vue sur les Ébihens.

 

L'île Berder (Morbihan)

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L'île de Berder dans le Morbihan

Parmi la myriade d’îles et d’îlots qui hérissent le golfe du Morbihan se dresse, petit radeau de granit, Berder. Le vrai intérêt de l'île Berder, ce n’est pas la terre, charmante avec ses prairies et ses bosquets, mais le courant de la Jument, véritable fleuve marin. Il est formé par la marée, quatre fois par jour : deux fois dans un sens, deux fois dans l’autre. Et toujours aussi impétueux. Morbihan signifie « petite mer », en breton. C’est bel et bien un « océan » qui se vide à chaque jusant, et se remplit à chaque flot. D’ailleurs, dès Larmor-Baden, quand on attend que la chaussée se découvre pour permettre de se rendre « à pied sec » vers l’île, la puissance de la marée saute aux yeux. Surtout quelques minutes avant que le passage ne se révèle, quand le courant provoque une vague qui sculpte une marche à la surface de l’eau.

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Sentier de l'île Berder dans le Morbihan

Le château de la Duchesse

À la pointe de Larmor-Baden, en suivant la route à gauche lorsqu'on arrive au port, on atteint une chaussée submersible longue de quelques dizaines de mètres : elle conduit à un château, aujourd’hui centre de vacances après avoir appartenu à la congrégation des Petites Soeurs de Saint-François d’Angers. L’Histoire des lieux est assez étonnante : à la fin du siècle dernier, la duchesse d’Uzès (1847-1933), propriétaire de l’île, faisait partie du cercle de conseillers du général Boulanger. Cette situation proche du pouvoir l’amena à envisager de créer là un grand port, qui aurait remplacé ceux de Vannes et d’Auray. Mais, suite sans doute aux déboires politiques de Boulanger, le projet fut abandonné. Le château de Berder a toutefois gardé une fonction marine, puisque sa tour constitue un amer pour les plaisanciers et les pêcheurs.

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L'île Berder dans le Morbihan

Pêche au bar à la pointe Sud

Une fois sur l’île, nous longeons la côte rocheuse par le bois, à droite. Bientôt, la vue se dégage sur Port-Lagaden (le mouillage de Larmor-Baden) puis sur l’île de Gavrinis, connue pour son cairn néolithique. La visite s’impose. Mais, pour cela, il faudra prendre un bateau à Larmor-Baden. La pointe Sud de Berder est très fréquentée par les pêcheurs au lancer qui traquent le bar dans les veines du courant de la Jument, lequel dépasse régulièrement les 10 km/h. Par calme plat, on se croirait au bord d’un fleuve, large de 2 kilomètres, dont la rive opposée serait l’île aux Moines. Mais quand le vent de sud-ouest s’engouffre dans le golfe et s’oppose au courant de la marée descendante, il lève un clapot très violent, qui blanchit d’écume la surface de l’eau. Un spectacle impressionnant ! Bientôt, on découvre un réseau de chemins et d’allées qui desservent le château, à travers prairies et bosquets. Ils conduisent vers le nord de Berder et la chaussée qui, tranquillement, nous ramènera à Larmor-Baden.