Jour 1 : sur le sentier du Littoral
Pour rejoindre le sentier du Littoral, on suit d’abord la piste qui contourne le fond du port, puis revient vers la pointe qui ferme l’anse de Tizzano sur son côté ouest. En se dirigeant vers les ruines d’un fort, on y trouvera un chemin longeant la côte, un peu en retrait. Ce détour est obligatoire car des propriétés privées empêchent le passage au plus près du rivage. Ce chemin nous conduit à la cala di Tromba, la première des plages paradisiaques qui ponctuent notre marche. C’est encore lui qui, tout de suite après, passe au milieu des résidences de Barcaju pour déboucher sur une deuxième plage. C’est seulement depuis cette plage de Barcaju qu’on chemine au plus près du rivage. Le sentier est bien tracé au milieu d’un maquis ras, et nous découvrons la plage de la cala di Murta Spana puis des criques sans nom où un bain rafraîchissant est possible. Mais plus extraordinaire est la cala Longa, calanque qui s’enfonce profondément dans le maquis où elle s’achève sur une bande de sable. Puis, le sentier se limite à une simple trace dans la végétation. C’est suffisant puisqu’il s’agit de suivre la côte. On passe ainsi la plage de lacala di Tivella (de toute beauté) à partir de laquelle le sentier longe le rivage à quelque distance pour atteindre le chemin qui descend du phare de Senetosa vers la plage.
Étape au phare de Senetosa
Un coucher de soleil au phare de Senetosa est un moment d’exception car, dans le calme absolu de ce site corse, la mer se colore de mauve et prend la teinte lie-de-vin qu’Homère évoque dans L’Odyssée. Impossible de ne pas songer à la nouvelle d’Alphonse Daudet Le Phare des Sanguinaires, qui évoque les îles situées à l’entrée du golfe d’Ajaccio… Au petit matin, descendre sur la plage de Cala di Conca pour piquer une tête sur la plage déserte est un véritable plaisir de roi.
Jour 2 : du maquis brûlant à la baie de Campomoro
Entre le phare de Senetosa et la tour génoise de Campomoro, le sentier du Littoral mérite bien son nom puisqu’il présente une trace nette qui s’éloigne peu du rivage. Ici, pas une maison ne vient polluer le panorama. Et les plus sublimes des plages se succèdent, avec un sable blanc comme neige et de gros rochers ronds aux formes surnaturelles. Cala d’Arana, d’Agulia comme les croques et plages précédentes, réservent à chaque fois le même plaisir quand on quitte le sentier dur aux pieds et le maquis dont l’air brûlant embaume le myrte, la ciste, le cédrat, l’ajonc… pour trouver un sol meuble et une certaine fraîcheur. Enfin, l’apparition d’une tour courtaude, dans le lointain, annonce la fin de l’étape : nous voici bientôt arrivés à Campomoro. À l’entrée méridionale du golfe de Valinco, au fond duquel se trouve le port de Propriano, Campomoro est une baie abritée bordée d’une belle plage. Jadis, les pirates barbaresques y débarquaient pour effectuer leurs razzias. Aujourd’hui, les plaisanciers viennent y mouiller l’ancre. Notre randonnée corse s’achève par l’ascension de la tour génoise, dont la terrasse offre un belvédère unique pour apprécier les teintes chaudes du couchant sur le golfe de Valinco et son arrière pays montagneux.