Si les rois de France y ont séjourné à partir du XIIe siècle, c’est à François Ier qu’on doit la vraie transformation d’un château médiéval en résidence royale. Mieux, en suscitant la contribution de peintres, sculpteurs et architectes italiens, celui-ci a orienté la Renaissance française d’une manière décisive. En fait, François Ier voulait faire de Fontainebleau une « nouvelle Rome». Et si tel ne fut pas le cas, le palais érigé dans son parc au cœur de la forêt profonde fut cependant le lieu d’une rencontre féconde entre l’art de la Renaissance italienne et les traditions françaises. Ainsi, au contact des artistes italiens, les Français transforment peu à peu leurs propres pratiques.
À Fontainebleau se fixent les canons de la Renaissance
En effet, le premier corps de bâtiment est édifié entre 1528 et 1540 sous la direction de Gilles Le Breton qui paraît réfractaire aux influences étrangères, mais par la suite, Philibert de l’Orme puis Androu et du Cerceau se convertissent à l’inspiration venue de l’autre côté des Alpes. Ainsi Rosso qui prend en charge le décor peint et les stucs de la galerie François Ier, en exploitant les fables et les mythes de l’univers gréco-romain. Et Francesco Primaticcio, Le Primatice, qui consacre la phase la plus féconde de sa carrière à Fontainebleau. En collaboration avec Nicolò dell'Abbate, il signe les fresques de la salle de bal, la chambre de la duchese d’Étampes et la galerie d’Ulysse. Il faut aussi signaler Michel-Ange avec l’Hercule aujourd'hui disparu qui ornait la cour de la Fontaine ; Benvenuto Cellini et sa Nymphe de Fontainebleau à la porte Dorée transferée par la suite au Louvre , ou encore Serlio et la fontaine belle-eau. Côté jardins aussi, Fontainebleau évolue considérablement au fil des règnes. Et celui de Louis XIV inspire les plus importantes de ces transformations, ainsi, dans la partie est du parc, le Grand Jardin. À l’origine, il se composait de parterres fleuris qui se succédaient sur les deux berges d’un canal. Le Nôtre le redessine mais, par la suite, il se simplifie progressivement et s’épure au point de se limiter à quatre pelouses délimitées par des massifs de fleurs.
Le château de Fontainebleau : de François Ier à d'autres rois
Après François Ier, Henri II et Henri IV apprécieront les lieux et les embelliront encore. Tout comme Louis XIV, Louis XV et Louis XVI : chacun y apportera son style. Tout comme Napoléon Ier qui le préférait à Versailles parce qu’il n’y ressentait pas l’ombre portée sur sa propre gloire par le simple souvenir du Roi-Soleil.
À Fontainebleau : première forêt aménagée en parc
Le parc de Fontainebleau donne sur une forêt de 25 000 hectares où se succèdent des futaies de feuillus, des massifs de conifères au milieu de gorges, de chaos rocheux et même d’étendues de sable fin. Comptant parmi les plus belles de France, cette forêt a fait l’objet, depuis les années 1850, d’aménagements qui facilitent l’accès aux visiteurs. À l’origine, c’est un ancien soldat de l’armée napoléonienne qui avait consacré sa retraite à tracer des itinéraires destinés à ce qu’on appelait alors les excursionnistes. Aujourd’hui, la forêt de Fontainebleau totalise 370 kilomètres de sentiers de randonnée balisés.