Aix-en-Provence et le Jeu de Paume
L’histoire prétend que Louis XIV aurait joué à la paume dans cette salle, en 1660. Devenu théâtre en 1757 grâce à l’entregent du marquis de La Barben, qui voulait qu’Aix-en-Provence brille de mille feux sur la scène régionale, le Théâtre du Jeu de Paume et ses (seulement) 493 places est l’un des rares exemples en France de salles « à l’italienne » datant du 18ème s. Enchâssé à l’intérieur de trois hôtels particuliers de la rue de l’Opéra, sa situation « cachée » est assez unique. Sa magnifique petite salle rouge à galeries dialogue avec la scène dans une proximité étonnante. Chaque année, l’été, le théâtre accueille des mises en scène du Festival International d’Art Lyrique.
Vichy et l’Opéra Art Nouveau
1 400 places. Telle est la jauge du théâtre de Vichy, aménagé en 1903 dans ce qui était jusque là un casino. Sa transformation s’explique à l’aune du boom thermal que connut la cité à l’orée du 20ème s. Galerie-promenoir autour du Parc des Sources en 1901, grand établissement thermal au dôme mauresque en 1903... Et le théâtre. A l’époque, c’est la plus grande salle d’opéra de France, après Paris ! L’aristocratie et la bourgeoisie venue prendre les eaux y retrouvait les loisirs et l’ambiance de la capitale. En saison, plus de 80 spectacles faisaient de Vichy la « capitale française de l’opéra d’été ». L’office de tourisme y organise de nos jours des visites libres ou commentées.
Le Grand Théâtre de Bordeaux
A grande ville de province, grand théâtre ! Avec ses 12 colonnes corinthiennes imposantes et un brin intimidantes, donnant à l’ouest sur la place de la Comédie, le théâtre de Bordeaux rayonne au cœur de la ville depuis 1780. Totem de la cité, l’imposant bâtiment rectangulaire abrite, aux dires de certains spécialistes, l’une des plus belles salles de spectacles du 18ème s., du même niveau que celles de Versailles ou de Turin. Elle est dotée en prime d’une acoustique exceptionnelle. Ses 1 100 places sont dominées par un plafond peint à fresque et un lustre en cristal de Bohême de 1,2 tonne, doté de 400 lampes. La visite guidée permet de découvrir la salle de spectacle, l’escalier d’honneur et le vestibule.
Lyon et le Théâtre des Célestins
Temple de la création et de l'expérience artistique, les « Célestins » s’ouvrent aux visites en dehors des représentations. C’est l’occasion de pénétrer un lieu de culture remarquable qui a conservé de l’origine les splendeurs de son architecture et la beauté de sa salle à l’italienne. Successeur d’un Théâtre des Variétés édifié en 1792 sur le même site et parti en fumée en 1871, un premier théâtre des Célestins ouvre ses portes en 1877… mais brûle aussitôt. Reconstruit à l’identique en 1881, il offre aujourd’hui au public un lieu entièrement rénové depuis 2005 autour de sa Grande Salle (700 places, à double galerie), d’une autre plus petite, la Célestine, et de décors muraux et mosaïques splendides.
Le théâtre de la Halle au Blé, à La Flèche
La Flèche, Sarthe. Dans cette petite ville des Pays de la Loire, sous-préfecture de 15 000 habitants, se cache un adorable petit théâtre à l’italienne de 135 places, à double galerie. Il a été aménagé au début du 19ème s. au premier étage de la Halle aux Blés, une bâtisse édifiée au 18ème s. qui fut l’hôtel de ville jusqu’en 1910. Petite bonbonnière à l’italienne, ce théâtre en fer à cheval et à double galerie a été entièrement rénové à la fin des années 1990 et offre depuis aux spectateurs et aux visiteurs son décor bleu pâle enveloppant les fauteuils, les murs et le plafond. On appréciera aussi l’imposant lustre central et le décor de son rideau de scène. Une pépite provinciale !
L’Opéra Royal de Versailles
Versailles est-elle en province ? Si l’on considère le rayonnement de la ville dans les Yvelines, indépendant de celui de Paris, et sa situation à un peu plus de 20 km de la capitale, alors oui ! Car il serait dommage pour tout dire de ne pas parler de ce théâtre royal, voulu par Louis XIV et achevé sous Louis XV, aménagé dans l’aile droite du château de Versailles en 1770, année du mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette. La débauche de décors bleu et or de ce modèle italien est absolument inouïe. Colonnades, marbres, lapis-lazuli, plafonds peints, sculptures… L’ensemble témoigne de la magnificence et du raffinement artistique voulu par ses concepteurs. N'hésitez pas à prendre vos billets !
L’Opéra-Théâtre de Metz
On ne peut qu’être interpellé devant la vigueur colorée de cette salle de 750 places, nouvel exemple admirable de théâtre à l’italienne en province. Proche de la cathédrale, le sobre classicisme du bâtiment élevé à partir de 1738 – ce qui en fait l’un des plus anciens théâtres en activité en France – avec péristyle, terrasse, fronton en triangle et balustrade, tranche avec la décoration de la salle, plusieurs fois transformée et qui affiche depuis sa restauration en 1986 des tonalités rouge et rose intenses. Engagée en 2025, une nouvelle campagne de rénovation vise à lui faire retrouver les couleurs bleu, blanc et or qui furent les siennes à l’origine.
Le Théâtre du Peuple, à Bussang
S’il est un théâtre en France qui défie les codes habituels de la représentation artistique, c’est celui-ci. Née en 1895 de l’utopie de l’homme de lettres Maurice Pottecher et de son épouse Camille de Saint-Maurice, cette scène prend place au pied d’une colline vosgienne, dans ce village lorrain situé aux frontières de l’Alsace. L’utopie de créer ici un théâtre populaire de « service public », humaniste, a résisté au temps. Le bâtiment, en bois, présente un fond de scène qui s’ouvre lors des représentations sur la nature et sa forêt. Ce « théâtre-chalet », classé monument historique depuis 1976, continue de présenter un répertoire varié et bénéficie d’un rayonnement national et international.
Le Volcan, au Havre
Place à l’architecture contemporaine ! Ici, on quitte les rivages du théâtre classique pour plonger dans l’œuvre futuriste d’un architecte brésilien mondialement connu, Oscar Niemeyer. Inaugurée en 1982, cette structure blanche aux lignes courbes évoquant un cratère, accueillit dès l’origine la Maison de la Culture du Havre, avant de prendre, en 1990, le nom officiel de Volcan. Après une période de rénovation, le Volcan a rouvert ses portes en 2015 et s’attache depuis, en tant que Scène Nationale, à proposer un large éventail d’œuvres pluridisciplinaires, balayant le champ des écritures contemporaines et de la création.