Quels sont les lieux de tournage mythiques à visiter en France ?

L'écluse des Recollets dans le canal Saint-Martin à Paris, décor du Fabuleux destin d'Amélie Poulain © Manuel Cohen / Détours en France

Publié le par Marine Guiffray

Les adresses de Paris où s’est joué Le fabuleux destin d’Amélie Poulain

Le café des Deux Moulins dans le quartier de Montmartre à Paris, décor du film Le fabuleux destin d'Amélie Poulain
© Bertrand Rieger / Détours en France

Depuis qu’Audrey Tautou et Mathieu Kassovitz ont partagé en 2001 l’affiche du chef-d’œuvre de Jean-Pierre Jeunet, les touristes étrangers se déplacent spécialement sur les lieux qu’il a immortalisés dans les rues de Montmartre : la station de métro Lamarck-Caulaincourt, le square Louise Michel et son carrousel au pied de la basilique du Sacré-Cœur, l’épicerie « Collignon » située rue des Trois-Frères et l’incontournable café des Deux Moulins du 15 rue Lepic, où l’héroïne travaille comme serveuse... Amélie et la caméra du réalisateur se sont aussi promenées gare de l’Est et jusqu’au canal Saint-Martin, dévoilant Paris avec poésie sur une pellicule dont le charme n’a pas vieilli.

Le vieux Mans, star des films d’époque

Rue des Trois Sonnettes, dans la vieille ville du Mans, décor de nombreux films d'époque
© Hervé Ronné / Détours en France

L’architecture médiévale et Renaissance remarquablement préservée du vieux Mans n’a pas manqué de retenir l’attention des cinéastes. La Cité Plantagenêt a notamment servi de décor au mythique Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau, sorti en salles en 1990 et multi-primé en France et à l’étranger – récompensé à Cannes, aux César, aux Oscars, aux BAFTA Awards et aux Golden Globes. La célébrissime tirade du nez signée d’Edmond Rostand et dite par Gérard Depardieu a été filmée sur le parvis de la cathédrale Saint-Julien, qui domine la ville. D’autres longs-métrages historiques ont en partie été tournés dans les ruelles pavées de la préfecture de la Sarthe : Le Bossu (1997), de Philippe de Broca et avec Daniel Auteuil ; L’homme au masque de fer (1998), de Randall Wallace, avec Léonardo DiCaprio ; Molière (2007), de Jean Tirard, avec Romain Duris…

Deauville, le souvenir d’Un homme et une femme

Les planches de Deauville
© Francis Cormon / Détours en France

Il y a d’abord sa musique entêtante qui nous revient en mémoire. Da ba da ba da, da ba da ba da… Et puis l’hôtel Normandy, la plage, les célèbres planches, Jean-Louis Trintignant au volant de sa Ford Mustang longeant le front de mer pour rejoindre Anouk Aimée... Auteur d’une histoire d’amour devenue inoubliable entre un père et une mère veufs, Claude Lelouch a filmé le Deauville des années 1960 dans l’un des plus grands chefs-d’œuvre du 7e art, le long-métrage unanimement salué Un homme et une femme. Tourné en 1965, il a reçu, entre autres distinctions, le Grand Prix à Cannes en 1966, l’Oscar du meilleur film international et l’Oscar du meilleur scénario original l’année suivante, contribuant ainsi à bâtir la réputation prestigieuse de la station balnéaire. Révélée à l’écran, l’élégante ville de la Côte fleurie accueille depuis 1975 le Festival du cinéma américain. Elle demeure un lieu de tournage emblématique dont une place porte depuis 2006 le nom de... Claude Lelouch.

Bergues, vedette du Nord

Vue de la ville de Bergues depuis le beffroi
© Samuel Dhote / Détours en France

Les Français traînent désormais moins les pieds que Kad Merad pour se rendre à Bergues, jolie cité fortifiée flamande située à proximité de Dunkerque, dans le département du Nord. Rendue célèbre par le film Bienvenue chez les Ch’tis, la commune profite allègrement du succès historique qu’a connu la comédie de Dany Boon, qui conserve depuis 2008 sa place de numéro deux au box-office français – seul le géant Titanic (1998), de James Cameron, le devance. Le faux bureau de poste, les maisons des personnages principaux et le fameux beffroi de la place de la République qui apparaissent à l’écran sont devenus de véritables attractions ! Au point que l’office de tourisme propose un « Ch’ti Tour » aux plus de 20,4 millions de spectateurs qui voudraient en connaître les secrets de tournage.

Cherbourg et Rochefort dans l’œil de Jacques Demy

Place Colbert, Rochefort
© Philippe Roy / Détours en France

Les films colorés de Jacques Demy ont à jamais changé le regard porté sur ces villes françaises. Avec pour vedette Catherine Deneuve et une bande originale de Michel Legrand, Les parapluies de Cherbourg (1964), Grand Prix à Cannes en 1964, puis Les Demoiselles de Rochefort (1967) ont offert aux deux cités portuaires des nuances romantiques et une notoriété internationale. Il semble que les voix des sœurs jumelles résonnent encore sur la place Colbert de Rochefort, et que s’apprêtent à danser les comédiens sur le pont transbordeur qui enjambe la Charente. Quant aux rues de Cherbourg, dans le Cotentin, elles paraissent figées depuis que Geneviève a quitté le magasin de parapluies du 13 rue du Port. D’un lieu de tournage à l’autre, chaque ville propose aujourd’hui un parcours de visite sur le thème de « sa » comédie musicale.

Le château de Courances, plateau du XVIIe siècle

Le domaine du château de Courances dans l'Essonne
© Tuul et Bruno Morandi / Détours en France

Le plus marquant des films tournés au domaine de Courances ? Le Sens de la fête, d’Eric Tolédano et Olivier Nakache. En 2017, la comédie mettant en scène les déboires d’un service de traiteur de mariage dirigé de main de maître par Jean-Pierre Bacri a rendu célèbre la silhouette Louis XIII du château de l’Essonne. Ouvert aux visiteurs, ce décor de cinéma est cependant apparu plus d’une fois à l’écran. On l’a ainsi vu dans Molière (2007) et Le retour du héros (2018), de Laurent Tirard. On aperçoit aussi ses jardins dans Le Comte de Monte-Cristo (2024).

La presqu’île de Giens ou l’île de Monte-Cristo

Coucher du soleil sur la presqu'île de Giens, vue depuis l'île de Porquerolles
© Bertrand Rieger / Détours en France

Plus de 9 millions d’entrées en France en 2024 et des lieux de tournage déjà célèbres… Le Comte de Monte-Cristo, réalisé par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, est en passe de devenir un classique dont les fans s’amusent à sillonner l’envers du décor. Or, ce n’est pas l’île italienne de Montecristo, au large de la Toscane, qui apparaît dans l’adaptation récente du roman d’Alexandre Dumas mais la presqu’île de Giens, à Hyères, dans le Var. Comme Edmond Dantès, de nombreux touristes partent désormais à la recherche du trésor des Templiers sur le littoral escarpé de la pointe des Salis, où les ruines d’une batterie militaire ont été transformées pour les besoins du film. Si l’escalier qu’a emprunté l’acteur Pierre Niney est aujourd’hui interdit d’accès pour des raisons de sécurité, le site naturel tout entier plongeant dans les eaux cristallines de la Méditerranée vaut à lui seul le détour.

Bruniquel, décor du film Le Vieux Fusil

La place de l'Horloge dans le village perché de Bruniquel
© Philippe Roy / Détours en France

En 1975, Romy Schneider et Philippe Noiret tournent Le Vieux Fusil dans le décor magnifique d’un des « Plus Beaux Villages de France », perché sur une falaise du Quercy dominant la vallée de l’Aveyron. Les murs des châteaux de Bruniquel reprennent alors vie sous la direction de Robert Enrico pour raconter l’une des dernières pages de l’Occupation. Récompensé par un vif succès en salles et trois César, le film s’inspire des crimes commis par les nazis envers les civils après le Débarquement de juin 1944, en particulier le massacre d’Oradour-sur-Glane. Très sombre, il met en scène la vengeance d’un homme dont l’épouse et la fille ont été sauvagement tuées par les SS. Cinquante ans après sa sortie, l’émotion qu’il suscite ne faiblit pas. Des milliers de spectateurs curieux se rendent encore chaque année dans la cité médiévale du Tarn-et-Garonne pour découvrir les coulisses d’un monument du cinéma.

Villerville, dans les pas de Belmondo

À Villerville, dans le Calvados, la façade du cabaret normand, décor du film Un singe en hiver
© Stéphane Maurice / Détours en France

À Villerville, alias « Tigreville » dans le film d’Henri Verneuil adapté du roman éponyme d’Antoine Blondin Un singe en hiver (1959), il est encore possible de voir les lieux où Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo se sont donné la réplique en 1962. En plus de soixante ans, la physionomie du village du Calvados a peu changé. On y reconnaît la devanture du Cabaret normand, la façade de l’hôtel tenu par Albert Quentin (Gabin) rue du maréchal Foch, la rue du général Leclerc où Gabriel Fouquet (Belmondo) joue au toréador dans une scène d’anthologie... Et le pèlerinage ne s’arrête pas là. Les fans de Bebel peuvent poursuivre la balade normande sur la plage d’Houlgate et à Port-en-Bessin, où d’autres scènes d’extérieur ont été tournées. Culte.