Vue sur la tour résidentielle de Reuze, haute de 23 étages, et le beffroi de l’hôtel de ville, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Réputée pour son carnaval haut en cou- leur, la cité corsaire abrite de nombreuses pépites architecturales et patrimoniales.
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Dunkerque : découvrez l'histoire fascinante de la ville côtière

Vue sur la tour résidentielle de Reuze, haute de 23 étages, et le beffroi de l’hôtel de ville, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

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En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par Détours en France.

  • La plage de Zuydcoote, proche de Dunkerque, offre une vue époustouflante sur la mer du Nord et un riche patrimoine historique lié à l'opération Dynamo de mai 1940, une évacuation militaire massive durant la Seconde Guerre mondiale.
  • Dunkerque attire de nombreux touristes grâce à ses visites guidées sur l'opération Dynamo, son musée et ses monuments historiques, ainsi qu'à ses plages et villas balnéaires au charme d'antan, telles que la villa des Flots et la villa Ringot.
  • Les Dunes de Flandre, un vaste écosystème de plages et dunes préservées, et le fort de Leffrinckoucke avec son passé militaire, ajoutent à la richesse naturelle et historique de la région, offrant des paysages spectaculaires et des visites insolites.

La vue sur la mer du Nord depuis la plage de Zuydcoote, à dix minutes de Dunkerque, est à couper le souffle. L'air iodé remplit les poumons, les coquillages craquent sous les sandales et la voix de Bruno Pruvost nous ramène en mai 1940, à l'heure de l'opération Dynamo, « la plus grande évacuation militaire de l'histoire », souffle le bénévole de l’association Zuydcoote Terre d’Histoire. « Deux cents bateaux reposent dans les fonds, pas loin. » Grâce aux photos d’archives, le squelette fantomatique de l’épave du Crested Eagle, bateau de croisière de 91 mètres, reprend vie. Parti de Dunkerque, torpillé, il s’est échoué en flammes sur la plage de Zuydcoote. « Trois cents hommes y ont laissé la vie. Un cimetière qui mérite le respect. » Une colonie de moules y a élu domicile pour le bonheur des locaux. Au large, un pêcheur de crevettes grises est suivi de près par unenuée de goélands. La vie a repris ses droits.

Le Devonia, à paquebot à aubes délibérément échoué lors de l'opération Dynamo. Quatre autres épaves sont visibles à marée basse sur la plage du Zydycoote.
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Le Devonia, à paquebot à aubes délibérément échoué lors de l'opération Dynamo. Quatre autres épaves sont visibles à marée basse sur la plage du Zydycoote.

Cernées par les Allemands, avec pour seule échappatoire la mer, les troupes britanniques et françaises se retrouvent coincées dans la poche de Dunkerque et tentent de passer la Manche dès le 26 mai 1940 pour rejoindre l’Angleterre. Destroyers, péniches, yachts (même celui de Churchill), ferries à aubes, chalutiers, barques… tout ce qui peut flotter est mobilisé par la Royal Navy. Soit une armada de « little ships » qui ­ louvoie sur trois routes maritimes en tentant d’éviter mines, bombes et obus. Au matin du 4 juin, un peu plus de 338 000 hommes ont réussi à passer, laissant derrière eux de nombreux camarades morts au combat, en mer ou faits prisonniers. Environ un tiers des survivants embarqués sont français. Ils reviendront très vite sur le continent se battre jusqu’à l’Armistice.

Dynamique Dynamo Tour

Le musée Dunkerque 1940.
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Le musée Dunkerque 1940.

Quai de Leith, à Dunkerque. « En quatre allers-retours sous les bombes, ce bateau a sauvé 1 673 soldats », pointe du doigt ­ Emmanuel  Clermont, guide à l’office de tourisme de Dunkerque. Le Princess Elizabeth, valeureux ferry classé monument historique, coule une retraite paisible en tant que restaurant. On part à vélo pour un « Dynamo Tour », visite guidée sur les traces de l’opération militaire. « Dunkerque, le blockbuster de Nolan, a amené des touristes du monde entier », confirme notre guide. En témoigne la fréquentation du musée Dunkerque 1940, multipliée par cinq. Photos d’époques, maquettes et reconstitutions en ­ costume racontent ces neuf jours et neuf nuits d’enfer. On longe le canal exutoire pour rejoindre la jetée Est : « Regardez, on voit encore les épaves de la Fenella et du Jaguar. » Direction Malo-les-Bains par la digue en passant devant le Mémorial des Alliés, réalisé avec des pavés provenant des quais du port détruit. « Les soldats ont marché dessus », s’émeut Emmanuel. On trouve encore des stigmates de la guerre. Sous le Grand Hôtel Radisson Blu, par exemple, « on a découvert un blockhaus au niveau des fondations ».

Balade à vélo depuis Dunkerque, où l’on emprunte la passerelle du Grand-large, jusqu’à Malo-les-Bains, que l’on rejoint rapidement en longeant la digue.
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Balade à vélo depuis Dunkerque, où l’on emprunte la passerelle du Grand-large, jusqu’à Malo-les-Bains, que l’on rejoint rapidement en longeant la digue.

Sept kilomètres de digue-promenade, avec vue sur mer. On passe de Dunkerque à Malo en pédalant le nez au vent dans les odeurs sucrées de beignets et de glaces. Avec ses cabines et ses bars de plage, Malo-les-Bains a le goût des vacances. Comme beaucoup de stations balnéaires du nord de la France, elle s’est construite sur les dunes, en 1872. Les plus anciennes villas datant de 1880 ont été détruites pendant la guerre. « Il en reste une, la villa des Flots, attribuée à Charles Garnier, architecte de l’Opéra de Paris », précise notre guide. Puis voilà la villa Mon Plaisir avec sa façade en « pas de moineaux » ; la villa les Sourires, avec ses trois bâtisses et sa tourelle d’angle ; ou encore la villa Quo Vadis aux lignes très Art nouveau. Si la rue Belle-Rade vous est familière, c’est que vous êtes cinéphile. C’est ici qu’ont été tournés les ­ premiers plans du film Dunkerque. Un dernier coup de cœur ? La villa Ringot, rue Gustave-Lemaire, porte le nom du sculpteur qui y habitait. « Certains y voient une touche de Gaudi… » Ce que l’on y voit surtout, ce sont ces splendides allégories de pierre, figurant le jour et la nuit.

Les splendides villas XIXe du front de mer et les cabines de plage colorées.
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Les splendides villas XIXe du front de mer et les cabines de plage colorées.

Dunkerque ouvre les portes d’une véritable pépite, les Dunes de Flandre, ces douces collines de sable aux courbes voluptueuses. Sur 15 kilomètres de plage et plus de 1 000 hectares d’espaces préservés, cet écosystème unique au monde est en voie d’intégrer le réseau des Grands Sites de France. « C’est l’un des rares endroits en Europe où des espèces végétales des côtes rocheuses du Danemark voisinent avec celles des calanques de Marseille », s’émerveille Bart Bollengier, écologue et chargé de mission biodiversité au centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) Flandre maritime. 

Surprenant fort des dunes

À Leffrinckoucke, la vue est époustouflante au sommet de cet édifice militaire construit par le général Séré de Rivières au XIXe siècle. D’un côté, les Dunes de Flandre ; de l’autre, le beffroi de l’hôtel de ville de Dunkerque. On comprend vite pourquoi le fort été intégré au mur de l’Atlantique durant la Seconde Guerre mondiale. « C’était un centre de tri et de regroupement pendant l’opération Dynamo, raconte Lily Soki, notre guide. Deux cents soldats français y ont été tués par un bombardement, d’où la présence du cimetière à côté. » Insolite, la visite se déroule à l’extérieur au fil des ouvrages typiques d’une fortification, mais aussi dans des salle muséographiques ultra-modernes et bien pensées. Autre curiosité, le théâtre, niché dans l’ancienne poudrière. « Cet espace, aménagé par les Allemands, a été restauré à l’identique. Nous y montons de nombreux spectacles. » À l’arrière de la scène, une fresque illustre une scène du film Metropolis (1927), de Fritz Lang. Une renaissance presque futuriste.

Paysage spectaculaire

Les Dunes de Flandre, ce sont 1 000 ha de polders, paysage dunaire, plaine maritime et bord de mer à la biodiversité unique. Elles ont été reconnues « escapade nature sans voiture ». Ici, la dune Marchand, à Zuydcoote.
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Les Dunes de Flandre, ce sont 1 000 ha de polders, paysage dunaire, plaine maritime et bord de mer à la biodiversité unique. Elles ont été reconnues « escapade nature sans voiture ». Ici, la dune Marchand, à Zuydcoote.

Depuis la dune Marchand à Zuydcoote, seule réserve naturelle nationale du Nord, un chemin de randonnée trace la voie d’un autre monde, spectaculaire, entre le bruit des rouleaux de la mer et le silence des sables. Vingt hectares de dunes embryonnaires, blanches, grises, arbustives et boisées et de « pannes » – des zones humides – s’étalent tel un monde désertique où la vie est partout. Le chant d’un pouillot véloce fait écho au croassement d’un crapaud calamite, tandis que le jaune éclatant du séneçon du Cap, arrivé d’Afrique dans des ballots de laine, se mêle aux teintes vives de la violette de Curtis. « Les dunes de Flandre sont un trésor, né il y a dix mille ans, fragile et pourtant résilient. »

Longe-côte, des marcheurs des mers

Né à Dunkerque, le longe-côte est pratiqué par plus de 16 500 adhérents en France.
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Né à Dunkerque, le longe-côte est pratiqué par plus de 16 500 adhérents en France.

La règle de base, c’est de respecter le BNI, le « bon niveau d’immersion ». « Jamais en dessous du nombril, jamais au-dessus de la poitrine », explique Thomas Wallyn au groupe rassemblé sur la plage de Zuydcoote. Équipés de combinaisons et de chaussons, on entre dans une mer d’huile, pas un souffle de vent. Des conditions idéales pour une initiation sans pagaie avec l’inventeur dunkerquois du longe-côte, cette discipline sportive reconnue par la Fédération française de randonnée pédestre depuis 2006. « Attaque, appui,dégagé, retour. Il faut avancer avec votre main gauche opposée au pied droit. Et limitez les écarts entre vous. Allez, on accélère ! » On suit à la lettre les recommandations de cet ancien entraîneur d’aviron. Portés par l’eau, on ressent une osmose totale avec la nature: « On voit le littoral autrement, et on s’amuse en groupe. Ce sport véhicule de belles valeurs de solidarité. Il est aussi excellent pour la santé, grâce à l’air marin, aux ions négatifs et à l’iode. » Né à Dunkerque, le longe-côte est pratiqué par plus de 16500 adhérents en France et a déjà conquis l’Espagne, la Tunisie et le Maroc.