L’ascension à vélo du Grand Colombier, sur un peu plus de 18 km, est très prisée des touristes. Son dénivelé de 1 250 m est aussi un sacré défi que les Fêlés du Grand Colombier, une confrérie de grimpeurs, ont plaisir à relever. Avec, en toile de fond, le splendide lac du Bourget.
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Le Valromey, la belle surprise

L’ascension à vélo du Grand Colombier, sur un peu plus de 18 km, est très prisée des touristes. Son dénivelé de 1 250 m est aussi un sacré défi que les Fêlés du Grand Colombier, une confrérie de grimpeurs, ont plaisir à relever.

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En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par Détours en France.

  • Le Bugey, entre Lyon et Genève, abrite le Valromey, une microrégion au sud du massif jurassien, célèbre pour le Grand Colombier. Ce sommet, prisé des cyclistes, offre quatre ascensions possibles et attire les "Fêlés du Grand Colombier", une confrérie passionnée de défis à vélo.
  • Le Valromey, un plateau entouré de montagnes et traversé de rivières, est un havre de biodiversité. À la ferme des Blondiaux, des prairies fleuries abritent une riche variété de plantes et papillons, et les visiteurs peuvent participer à des "randos troupeau" pour découvrir ce cadre bucolique.
  • Les paysages du Valromey, avec ses rivières et cascades, offrent un cadre naturel spectaculaire. Sites comme la source du Groin et la cascade de Cerveyrieu séduisent par leurs eaux cristallines et leurs panoramas, tandis que le massif de Fierloz et ses lapiaz révèlent la richesse géologique de la région.

Si d'aucuns ont du mal à situer le Bugey (grosso modo entre Lyon et Genève), que dire du Valromey ? On s’en tirera bien en disant que ce petit territoire se trouve entre le Haut-Bugey (côté Nantua) et le Bas-Bugey (côté Belley). Mais encore ? Pour mieux appréhender cette microrégion située à l’extrême sud du massif jurassien, prenons de la hauteur et grimpons au sommet du Grand Colombier (1 531 m), surnommé « le géant du Bugey ». Et pas n’importe comment : à vélo. À nos côtés, Patrick Perrard et Michel Pelissier. Ces deux cyclistes chevronnés font partie des Fêlés du Grand Colombier, une joyeuse confrérie de plus de 2 300 membres, inspirée des Cinglés du Mont-Ventoux. « Le Grand Colombier est une pyramide à quatre versants, permettant donc quatre ascensions possibles. Pour être un Fêlé, il faut avoir monté au moins deux versants dans la même journée », explique Patrick. Avec trois versants, on passe « maître », et avec quatre, « grand maître ». Patrick Perrard, qui connaît chaque mètre de bitume, a 120 ascensions à son compteur, Michel au moins 150.

L'épreuve du grimpeur 

Les premiers coups de pédale dans les vignes de Culoz sont faciles, mais les lacets arrivent vite, et il y en a pour 18 kilomètres. En chemin, quelques beaux raidillons à 10 %, et 1250 mètres de dénivelé. « On a les mêmes dénivelés qu’un col alpin avec même des pourcentages plus difficiles. Le tout sur de jolies petites routes. » Entendez : « Pas comme ces bou levards alpins, type Alpe d’Huez » ! Dans un virage, on s’arrête pour admirer le panorama sur le Rhône et son canal, la peupleraie de Chautagne, le lac du Bourget… Les efforts de la confrérie pour faire connaître le Grand Colombier ont fini par payer. Depuis 2012, le Tour de France y est passé plusieurs fois. Nos deux compères se souviennent avoir vu des coureurs pros « mettre pied à terre pour boire un coup! » Bien en jambes, des espoirs du cyclisme tricolore nous laissent sur place. Après deux heures d’ascension (et quelques pauses), on atteint le col dont le sommet est tout proche. La vue sur la chaîne du Mont-Blanc, le lac Léman, les Aravis et le lac d’Annecy vaut tous les maillots à pois. La buvette du col est tenue par un ancien Fêlé, qui a vu passer Pinot, Valverde ou Quintana « en repérage ».

Heidi dans le Jura 

Chaque jour, le berger Pierre Blondiaux laisse ses brebis basques paître en liberté sur le plateau de Retord. Dans sa bergerie des Bergonnes, il propose des sorties « randos troupeau » et un atelier de traite.
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Chaque jour, le berger Pierre Blondiaux laisse ses brebis basques paître en liberté sur le plateau de Retord. Dans sa bergerie des Bergonnes, il propose des sorties « randos troupeau » et un atelier de traite.

Saluant nos vétérans des deux-roues, nous redescendons vers l’ouest dans le cœur du Valromey. Il faut imaginer un plateau en pente descendant vers le sud, encadré de montagnes et arrosé de rivières. De village en village, la route musarde, traverse des prés bucoliques, longe des champs ondulants, de petites forêts. En remontant vers le nord, nous atteignons le plateau de Retord. Au hameau des Bergonnes, Pierre et Priscilla Blondiaux tiennent une ferme où leurs cinq enfants folâtrent parmi les brebis et les chèvres. C’est la version jurassienne de La Petite Maison dans la prairie ! Après avoir travaillé dans les Écrins, le Forez, les Cévennes et le Pays basque, Pierre et Priscilla ont posé leur bâton de berger ici, et ne le regrettent pas. « On y voit des prairies fleuries comme on n’en trouve plus en France, assure Pierre. Mi-juin, c’est Heidi ! Des narcisses en pagaille, des orchidées jaunes, roses et pourpres, des gentianes printanières bleu électrique, du sainfoin, du trèfle jaune et violet, du thym serpolet… La pimprenelle, la minette : du caviar pour nos brebis ! » Ces jachères fleuries sont sauvages. « On les a naturellement, sans amender. On trouve jusqu’à une cinquantaine d’espèces différentes sur un seul mètre carré, et 80 espèces de papillons sur les prés de fauche. » Pour faire profiter les visiteurs de ce paysage bucolique, les Blondiaux proposent des « randos troupeau » en été. À la suite des chiens, on accompagne les brebis « à la chôme » (au repos) dans les prés de fauche. Le soir, on peut assister à la traite. Puis, en hiver, c’est la saison de l’agnelage.

L’eau qui tombe sur le plateau de Retord et dans le Haut Valromey forme un réseau de ruisseaux et de rivières qui s’emboîtent les uns dans les autres comme des poupées russes. Près de Brénaz, la rivière Bèze dégouline sur un rocher debout, le nappant d’un glaçage de calcite. Tout autour, un bassin d’eau turquoise où il fait bon se mettre au frais l’été.

La cascade du Banc-des‑Dames, où les eaux douces de la Bèze se déversent sur une merveille minérale : le « Pain de sucre », stalagmite calcaire de 6 m de haut et vieille de plusieurs millénaires.
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La cascade du Banc-des‑Dames, où les eaux douces de la Bèze se déversent sur une merveille minérale : le « Pain de sucre », stalagmite calcaire de 6 m de haut et vieille de plusieurs millénaires.

La source du Groin est plus belle encore. Tout en transparence, elle passe du bleu au vert émeraude, nous transporte à Bali ou dans quelque paradis tropical. En fait de source, il s’agit d’une résurgence. Les eaux de la vasque proviennent de ruisseaux souterrains au parcours mystérieux, formés par l’infiltration des eaux pluviales et la fonte du manteau neigeux du Haut Valromey. En aval, le Groin circule, invisible, au fond d’un canyon étroit, baptisé le gouffre du Diable. Non loin, à la cascade de Cerveyrieu, le Séran creuse des marmites d’eau bouillonnante, sinue entre la roche et finit en une chute d’eau de plus de 40 mètres de haut. Le panorama est splendide sur le Bas-Bugey, et sur les massifs de la Chartreuse et de Belledonne.

La source du Groin, une résurgence vauclusienne bien mystérieuse.
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La source du Groin, une résurgence vauclusienne bien mystérieuse.

Splendeurs d'automne 

Les gorges de Thurignin, canyon accessible depuis Belmont-Luthézieu, longent les berges du Séran. Vasques, cascades, entailles, marmites du diable… les curiosités géologiques se succèdent sur cette longue boucle de 14 km.
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Les gorges de Thurignin, canyon accessible depuis Belmont-Luthézieu, longent les berges du Séran. Vasques, cascades, entailles, marmites du diable… les curiosités géologiques se succèdent sur cette longue boucle de 14 km.Gilles Lansard / Détours en France

Une balade à pied mène à d’autres gorges, celles de Thurignin. Nous préférons explorer le petit massif de Fierloz, plateau calcaire, formé voilà 140millions d’années. Les glaciers ont mis la roche à nu, et l’eau de ruissellement, chargée de gaz carbonique, a fendu la roche, créant un lapiaz. Une boucle d’environ deux heures traverse ces pelouses sèches où affleure la roche. Des effluves de thym emplissent l’air, les coussinets roses de la saponaire de Montpellier côtoient les orchidées sauvages. On dirait le Sud… Du haut de la tour à la Vierge, le château de Machuraz évoque la silhouette du Grand Budapest Hotel.

Le Valromey ne manque pas de balades. Celle de la Roche percée, au départ de Béon, permet d’admirer une étonnante arche de pierre. Mais on ne fera pas l’impasse sur la réserve naturelle du marais de Lavours. Une passerelle sur pilotis sinue au-dessus d’une eau noire semée d’iris jaunes. Des vaches Highland chevelues vivent parmi les roseaux de ce jardin aquatique. Il faut se cacher pour observer les hérons cendrés, sarcelles et martins-pêcheurs de l’étang Tendret. Le pic noir loge dans des troncs d’arbre troués comme des flûtes à bec. La flânerie continue vers une prairie aux airs d’éponge géante: sous nos pieds, 10 mètres de tourbe gorgée d’eau. « Venez en automne, c’est encore plus beau! », nous dit un visiteur. Exactement ce que nous conseillait le berger Pierre Blondiaux. Rendez-vous est pris.

Le sentier découverte de la réserve du marais de Lavours, non loin du hameau d’Aignoz. Une belle flânerie, propice à l’observation des oiseaux.
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Le sentier découverte de la réserve du marais de Lavours, non loin du hameau d’Aignoz. Une belle flânerie, propice à l’observation des oiseaux.