Domaine de Valrose, une étonnante "enclave" russe
Heureux étudiants du campus sciences de l’Université Côte d’Azur ! Ils profitent de ce domaine de 10 hectares à la jonction des quartiers Libération et de Cimiez. Un poumon vert et un écrin patrimonial, ponctué de bâtiments universitaires des années 1960. L’histoire remonte à 1870, lorsque le baron von Derwies, Russe fortuné d’origine allemande, acquiert ces terres en pleine campagne. Il fait bâtir un château (siège de l’université) « au style troubadour et néo-éclectique », éclaire Dominique Laredo, docteur en histoire de l’art et des civilisations. Il y adjoint un théâtre, un petit manoir et une isba, « transportée en pièces détachées depuis Odessa ». Le tout au milieu d’un jardin arboré. Après sa mort en 1881, le domaine sera racheté par Simon Patino, roi de l’étain bolivien. L’accès au public est ouvert à quelques rares occasion.
Domaine de la Source, bastion viticole
Elles sont trois, Crémat, Saint‑Roman-de-Bellet et Saquier. Trois collines sur les hauteurs de Nice qui accueillent les dix domaines de vin de Bellet, l’une des plus petites (50 ha) et seule AOC urbaine de France. Carine Dalmasso gère avec son frère le domaine de la Source, vignoble, vignoble de 7 hectares sur la colline de Saquier tourné vers le soleil couchant. Arrivés dans les années 1960, ses grands-parents italiens y cultivent des fleurs, avant que ses parents n’optent pour la vigne. « Nos vins rouges, rosés et blancs profitent des sols en poudingue, du soleil et des vents de mer et de montagne », précise la vigneronne, en nous montrant des pieds de folle noire, cépage local qui donne sa saveur épicée aux rouges. Présidente du syndicat des vignerons de Bellet, elle se démène pour faire connaître ces vins. Pour cela, la jeune femme a lancé le Bellet Gourmand, qui fêtera sa quatrième édition en 2026, et mis en place des navettes routières l’été pour que les touristes puissent participer à des dégustations.
Hôtel du Couvent, retraite grand luxe
Il ne faut pas hésiter à franchir son seuil, rue Honoré‑Ugo, pour jeter un œil à cet ancien monastère du XVIIe siècle, devenu en 2024 un établissement 5-étoiles du groupe Marriott. Longtemps inoccupée, la bâtisse rénovée est posée au sommet du Vieux Nice, sous la colline du Château. L’ambiance feutrée et le personnel tout en sobriété tranchent avec les autres palaces niçois, moins intimistes. Autour d’un grand patio (l’ancien cloître), l’hôtel compte 88 chambres et suites, des piscines, Grand luxe spirituel attendu.
Musée Anatole-Jakovsky, les « naïfs » à l’œuvre
Si ce musée municipal n’est pas le plus en vue, c’est à cause de sa situation excentrée, dans le quartier Fabron, à plus de 3 kilomètres de la promenade des Anglais. C’est dommage, car le tram n° 2 puis le bus 34 mènent tout droit à cette belle villégiature néoclassique du XIXe siècle. Modifiée façon Art déco dans les années 1930, elle a été léguée à la ville, en 1973, par ses derniers propriétaires, puis transformée en musée. S’y trouve la collection Jakovsky, « un collectionneur originaire de Moldavie arrivé en France dans les années 1930 », révèle Frédérique Olivier-Ghauri, la directrice des lieux. Tout au long de sa vie, il va rassembler un fonds éclectique d’œuvres d’art naïf, brut et singulier, qu’il lègue à la ville à la fin des années 1970. Ce sont celles-ci – et d’autres, acquises depuis (Douanier Rousseau, Séraphine de Senlis, Gertrude O’Brady, Bauchant…) –, que l’on peut admirer, jusque dans le jardin. Parmi elles, le tableau Renaissance, de Mori, et des œuvres de Ben, célèbre artiste niçois. Un aperçu des quelque 3000 œuvres que compte le musée pour un beau voyage dans l’imaginaire.
Lou Camin Nissart, hors des sentiers battus
Itinéraire original et injustement peu emprunté, Lou Camin Nissart (« le chemin niçois ») propose de faire une boucle dans les alentours de Nice, de la côte aux collines champêtres. Soit 42 km en quatre jours. Du port au mont Boron, le tronçon est sportif et magnifique. « Le mont était jadis le rendez-vous des habitants pour prendre le frais », aime à rappeller Patrick Rey, accompagnateur et membre de la Fédération française de randonnée des Alpes-Maritimes. Du Boron au mont Vinaigrier, le sentier croise la villa d’Elton John, passe au pied du fort du mont Alban (propriété des ducs de Savoie) avec vue sur la baie de Villefranche-sur-Mer, puis file sur les pentes par un sentier en sous-bois où se perd l’écho de la ville. Avant une ultime grimpette pour profiter du panorama, les Planches (zone de pique-nique), ses terrasses d’oliviers et ses vieux puits montrent que Nice, au pied des montagnes, n’a pas tourné le dos à la ruralité.
Villa Les palmiers, surprise de quartier
C’est l’un des secrets les mieux gardés de la ville. Quartier Fabron, enchâssée au cœur d’un ensemble immobilier des années 1950, la villa les Palmiers est typique de villégiature niçoise des XIXe et XXe siècles. Édifié pour un marchand d’art britannique en 1873, son style évoluera au gré des humeurs de ses différents propriétaires. Invisible pour qui passe en voiture sur l’avenue de Fabron, elle présente des tourelles gothiques, un jardin à la française et des terrasses à l’italienne. Il est possible de la visiter, car cette grande maison historique abrite depuis 1963 les archives municipales, mais aussi des expositions permanente et temporaires et propose des visites guidées. L’occasion de découvrir ses salons boisés, son bureau des chinoiseries, son grand escalier, sa loggia et son magasin d’archives.