L'impact de l'Homme et de l'évolution du climat sur le lac Léman
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L'impact de l'Homme et de l'évolution du climat sur le lac Léman

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Un laboratoire en fonction quelle que soit la météo

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C'est vrai que ce ponton de 10 mètres sur 10, bardé de panneaux solaires, de treuils et de perches métalliques à de quoi intriguer. « C’est un formidable outil pour mener des recherches multidisciplinaires sur le lac et effectuer des mesures 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, quelle que soit la météo.  Des algues peuvent en effet apparaître en quelques jours. La plateforme peut immédiatement les identifier ce qui n’est pas le cas d’un bateau avec des sorties programmées et soumises à la météo », confie Natacha Tofield-Pasche, directrice opérationnelle du projet au centre de limnologie de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Mesurer le courant, les températures, le PH de l'eau... 

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La scientifique nous accueille à bord de ce laboratoire flottant, baptisé LéXPLORE, lancé en 2019 (jusqu’en 2026 et peut-être plus) pour évaluer l’impact des changements, notamment climatique, sur le lac. « Mieux comprendre pour mieux protéger », résume la jeune femme dans le cadre d’une visite ouverte au public, car la sensibilisation est aussi une des missions de la plateforme. Pour analyser le fonctionnement de l’écosystème, des instruments submergés équipés de capteurs complètent l’équipement visible. Le courant, les températures, l’oxygène dissous, le PH de l'eau, la fréquence, la taille des vagues... Une quarantaine de paramètres sont ainsi suivis en temps réel.

L'analyse de l'écosystème à différentes profondeurs 

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Ancrée à 110 mètres de profondeur, la plateforme permet aussi de réaliser des échantillonnages pointus pour analyser l’écosystème. La scientifique nous demande de nous rapprocher autour du puits central pour une démonstration. « Au-delà de 60 mètres de profondeur, on peut étudier les deux couches les plus dynamiques du lac, explique la jeune femme. Et notre situation à plus de 500 mètres du bord suffit pour éviter les effets de la côte. » Avec un treuil, elle immerge une bouteille capable de recueillir des échantillons dans la colonne d’eau à différentes profondeurs. Rien qu’à la fraîcheur, les volontaires qui plongent leur doigt dans les prélèvements hiérarchisent leur provenance. Plus impressionnant, le zooplancton recueilli à l’aide d’un filet dévoile sa composition aux visiteurs qui glissent leur œil derrière le microscope dans la cabine de la plateforme. Le ballet des micro-organismes transparents est également projeté sur un écran d’ordinateur. Natacha Tofield-Pasche les identifie : les Leptodora, reconnaissables à leurs deux longues antennes, et les daphnies en forme de gouttes d’eau, moins présentes qu’auparavant...

Quelle est la profondeur du lac Léman ?

D'après la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL), le lac franco-suisse a une profondeur moyenne de 152,7 mètres et une profondeur maximale de 309,7 mètres. Le laboratoire flottant LéXPLORE est quant à lui ancré à 110 mètres de profondeur. 

La raréfaction des poissons dans le lac 

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L’occasion d’évoquer la raréfaction des poissons dans le lac Léman. « Avec la lutte menée contre l’eutrophisation, la teneur en phosphore du lac a beaucoup diminué. Cela affecte la chaîne alimentaire, car le phosphore favorise le développement du phytoplancton dont se nourrit le zooplancton, lui-même source de nourriture pour les poissons du lac, féras, perches et ombles chevalier. Le réchauffement climatique est aussi en cause. Il provoque une ponte plus précoce chez les poissons, en décalage avec la disponibilité de la ressource alimentaire », explique la chercheuse. Face aux maisons et aux immeubles huppés de Pully, LéXPLORE a accueilli plus de 200 scientifiques (physiciens, biologistes, ingénieurs...) pour 60 projets de recherche.

Une ressource naturelle fragilisée et une géographie modifiée

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Le Léman est une ressource naturelle pour l’eau potable, la pêche, les activités économiques et de loisirs. Les visiteurs demandent ce qui le menace aujourd’hui. « La moule quagga, espèce invasive originaire de la mer Noire qui bouleverse l’écosystème par son activité de filtration ; le changement climatique, qui affecte le brassage des eaux indispensable à la redistribution des nutriments et de l’oxygène ; et la pollution des microplastiques », leur répond la scientifique. Depuis treize ans, il n’y a pas eu de brassage complet des eaux du lac Léman... Une visite instructive qui rend compte de son extrême fragilité.

Quelle est la superficie du lac Léman ?

La superficie du lac est de 580 km2, selon la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL).