La Digue du Large
Sept kilomètres de roche et de béton protègent les bassins du port de Marseille de la houle. Avec ses anciennes grues visibles depuis le parvis de la cathédrale de la Major, la digue du large reflète l’âme maritime de la ville. C’est sur la partie sud de la jetée, face au Mucem et près de l’entrée du Vieux-Port, que les Marseillais et voyageurs bien informés peuvent faire escale depuis deux ans. Une aubaine alors que la digue était fermée au public depuis 2001. Deux à trois soirs par semaine en été, les visiteurs débarquent au pied du phare Sainte-Marie pour un apéro, un dîner insolite ou un événement dans le cadre de l’Appel du large, une programmation ludique imaginée avec le concours de chefs et d’organisateurs de soirées. L’office de tourisme prévoit d’ouvrir à la visite une partie de la promenade supérieure avec vue sur l’horizon maritime.
La Friche de la Belle de Mai
Depuis trente-deux ans, elle donne le « la » de la scène culturelle, créative et festive de Marseille. Cinq salles de spectacles et concerts, un restaurant – Les Grandes Tables –, pionnier dans la manière de lier art et gastronomie, 70 structures résidentes culturelles… Il ne se passe (presque) pas un jour sans que cette fabrique d’art et de culture, installée près de la gare Saint-Charles, ne programme un événement de qualité. En été, le toit-terrasse de 8 000 mètres carrés, qui semble flotter au-dessus de la ville, organise de nombreux rendez-vous festifs et familiaux.
La corniche Kennedy
Entre la plage des Catalans et la Marina olympique, ce grand balcon sur la mer de Marseille se réinvente comme promenade hédoniste. Avec ses joggeurs à toute heure et des essaims de cyclistes depuis qu’elle est équipée d’une piste dédiée, elle a des faux airs de Californie. Piétonne un dimanche par mois, elle accueille foodtrucks, animations musicales, culturelles et sportives. Aux beaux jours, on s’alanguit sur ses rochers ou ses plages, pour une baignade, un pique-nique, un apéro. À moins de s’installer à L’îlot, bar éphémère posé sur un promontoire prisé des pêcheurs le reste du temps. On n’oublie pas d’admirer les mosaïques colorées qui font scintiller l’extrémité sud du banc de 3,2 km qui court sur la promenade. Une parure réalisée par l’association Viv’Arthe bientôt prolongée jusqu’à la plage du Prophète.
La Citadelle de Marseille
Voilà quatre siècles que cette forteresse aux murailles taillées en biseau toise les Marseillais à l’entrée du Vieux-Port. Cela a commencé dès sa construction, quand Louis XIV lui fait défendre la ville mais aussi surveiller ses habitants en pointant ses canons vers eux. Et jusqu’aux années 2010, quand son accès reste interdit aux visiteurs après sa démilitarisation. Après quelques ouvertures ponctuelles, on peut enfin pénétrer dans le fort Saint-Nicolas rebaptisé « Citadelle de Marseille ». Un nouveau nom pour une nouvelle vie, celle d’un tiers-lieu patrimonial avec chantier de restauration et d’insertion, festivals, concerts, spectacles, expositions, résidences d’artistes. Le bâtiment estégalement accessible lors de visites guidées et d’événements, nombreux enpériode estivale. Impossible d’oublier un soir d’été dans la demi-lune du bastion transformée en scène musicale, avec ses terrasses perchées face au soleil couchant. Les jardins et une guinguette sont ouverts toute l’année. Ils offrent une vue jusqu’ici inconnue du public sur le Vieux-Port.
La Cité radieuse
« Dans notre galerie et sa boutique, on s’intéresse à l’impact de l’architecture du XX e siècle dans le design et l’art contemporain », explique Laura Serra Forest, cofondatrice de Kolektiv Cité radieuse installée au 3e étage de l’unité d’habitation du Corbusier. La designeuse habite un peu plus haut et témoigne du pouvoir d’attraction de ce haut lieu du modernisme architectural auprès des créateurs. Tout comme le MAMO, centre d’art installé au sommet de l’immeuble et ouvert au rythme de ses expositions. La Maison Chanel ne s’est-elle pas encanaillée à Marseille l’an dernier en envoyant les mannequins de son dernier défilé croisière arpenter le toit-terrasse et les coursives intérieures ? Des brise-soleil du bâtiment aux cuisines ouvertes des appartements, en passant par les espaces partagés, l'’architecture est fonctionnaliste et avant-gardiste. Les visiteurs les plus passionnés peuvent même séjourner dans une des chambres de l’Hôtel Le Corbusier abrité dans ce vaisseau de béton brut perché sur pilotis.
La Friche de l'Escalette
Aux confins sud de la ville, dans le quartier des Goudes, les ruines d’une ancienne usine de traitement de plomb accueillent un parc de sculpture et d’architecture. Entre les rochers et les pins foudroyés de soleil, des œuvres d’art moderne et contemporain sont exposées dans les entrailles de l’ancien four ou dans une vieille cuve. Un lieu atypique etensorcelant né du coup de foudre d’Éric Touchaleaume pour Marseille et cette friche industrielle des calanques. Le collectionneur en a fait l’extension méridionale de son temple de l’art moderne, la Galerie 54, basée à Paris. Parmi les œuvres pérennes de la Friche de l’Escalette : un pavillon de Jean Prouvé conçupour le Cameroun, les céramiques baroques du Marseillais Gérard Traquandi, des sculptures de Jean Amado… Une exposition temporaire met à l’honneur un artiste chaque année. En 2024, c’était Germaine Richier.
Street art dans le Panier
Feu d’artifice chromatique, sens évident de la typographie, messages qui interpellent… Cœur battant de l’art urbain à Marseille (avec le cours Julien-La Plaine), le Panier voit les murs de ses places et ruelles évoluer au rythme des interventions des artistes et de l’actualité. Tags, graffitis, murs peints, collages, pochoirs,mosaïques, quelle que soit la forme retenue,toutes les écoles du streetart sont représentées. Rea One cultive l’abstraction, Tetal et Nitram Joke associent souvent leur talent, l’un dans le dessin figuratif, l’autre dans la calligraphie, Alberto Ruce aime la transparence. Pour mieux comprendre l’art urbain et ,pourquoi pas, s’essayer au maniement de la bombe, l’artiste Poasson (poasson.com) qui vit et œuvre dans le quartier anime des visites guidées et des ateliers pour l’office de tourisme.
Le Couvent
C’est un jardin insoupçonné dans Marseille, au cœur du quartier de la Belle de Mai, près de 2 hectares de pré, des figuiers, des pins, des arbres fruitiers, des rosiers, un potager partagé… Un poumon vert préservé pendant plus de 150 ans par les religieuses du Sacré-Cœur installées rue Levat dans un couvent du XIXe siècle. Depuis leur départ, il y a huit ans, les anciennes cellules et les deux chapelles accueillent les ateliers de près de 80 artistes et artisans. Les disciplines ? La céramique, la peinture, le dessin, la broderie ou le design qui font l’objet d’expositions. « On y produit, on y rencontre, on y flâne », résume Romain Pottier, chargé de communication pour Juxtapoz, association cogestionnaire du site avec l’Hydre, un collectif de paysagistes. Pour la flânerie, le jardin est ouvert toute l’année au public. Aux beaux jours, une cantine solidaire et une programmation d’événements prennent place sur la terrasse aux figuiers.
Le MAC
Rouvert en 2023 après des années de travaux, le musée d’art contemporain de Marseille est mal connu. Dans le quartier de Bonneveine, près du grand pouce en bronze de César, il abrite pourtant une belle collection, présentant au moins une œuvre de grands noms de l’art de l’après-guerre à aujourd’hui : Basquiat, Warhol, Sol LeWitt, Buren, Sophie Calle, Jean Tinguely… Bien vu, le parcours permanent décrypte les mouvements artistiques des six dernières décennies. Expositions temporaires, événements sur le toit-terrasse… on guette la programmation.
La Cité des arts de la rue
Qui sait que Marseille abrite la seule école des arts de la rue de France ? Aux Aygalades, dans les quartiers nord, ce centre de formation baptisé « FAI-AR » cohabite avec des acteurs de la création dans l’espace public (compagnies, constructeurs de décors de spectacles, d’engins fantastiques…). Un ancien bus dressé à la verticale sert de totem à la Cité des arts de la rue, ruche de saltimbanques qui enchantent le pavé des villes. Installé depuis 2013 dans une ancienne huilerie, cet immense laboratoire scénique (36 000 m2) ouvre de plus en plus souvent ses portes aux visiteurs pour des performances, des ateliers, des festivals… Les habitants du quartier sont très impliqués. On les retrouve pour le rendez-vous mensuel ouvert à tous « Un dimanche aux Aygalades » (marché de producteurs, conférences…). On leur doit aussi, sur le site, la réhabilitation du ruisseau des Aygalades et de sa cascade devenus une promenade verte et artistique avec la complicité du centre de création. Lieux Publics, qui coordonne la Cité des arts de la rue, est l’un des treize centres nationaux des arts de la rue et de l’espace public en France, également labellisé « Pôle européen de création ».